
Après les plaintes des commerçantes et des consommateurs relayées par Guineesource.com sur la flambée des prix du poisson et la qualité de certains produits commercialisés au grand marché de N’Zérékoré, la Chambre préfectorale du commerce, d’industrie et d’artisanat est sortie de son silence. Elle attribue cette situation à plusieurs facteurs, notamment la suspension saisonnière de la pêche en Guinée et les difficultés d’approvisionnement dans la sous-région. Elle met également en garde les opérateurs qui commercialisent des produits de mauvaise qualité.
Rencontré dans son bureau ce lundi 3 août, Issiaga Bérété, secrétaire de la Chambre préfectorale du commerce de N’Zérékoré, assurant l’intérim du président en déplacement, a expliqué que la situation actuelle est principalement liée à la fermeture saisonnière de la pêche.

« Concernant la situation du poisson, il est important d’apporter des explications afin que la population comprenne les véritables causes de cette flambée des prix. Il est vrai que le poisson se fait rare actuellement. Toutefois, il faut savoir que, du mois d’août au mois d’octobre, la pêche est interdite en Guinée. Cette mesure vise à protéger la période de reproduction des poissons. À l’issue de ces trois mois, les activités de pêche reprendront normalement », a-t-il expliqué.
Le responsable évoque également les difficultés d’approvisionnement en provenance des pays voisins, qui contribuent, selon lui, à accentuer les tensions sur le marché.
« Les années précédentes, pendant la période d’interdiction de la pêche en Guinée, le Mali et le Sénégal approvisionnaient largement notre marché en poisson. Aujourd’hui, cette situation a changé. Les transporteurs rencontrent d’importantes difficultés sur certains axes routiers, notamment en direction du Mali, où l’insécurité empêche souvent la circulation normale des camions. Cette situation réduit considérablement les arrivages de poisson vers la Guinée », a-t-il ajouté.
Face aux nombreuses dénonciations concernant des cartons contenant du poisson avarié ou ne respectant pas le poids annoncé, Issiaga Bérété invite les commerçantes à saisir rapidement les autorités compétentes.
« J’invite toutes les femmes qui achètent des cartons de poisson à venir immédiatement nous informer lorsqu’elles constatent que les produits sont avariés ou que les cartons ne contiennent pas la quantité prévue. Elles doivent se présenter avec les cartons concernés afin que nous puissions constater les faits et intervenir auprès des fournisseurs pour que les produits soient remplacés. Si elles gardent le silence et continuent à acheter dans ces conditions, elles risquent d’accumuler des pertes et de s’endetter davantage », a-t-il conseillé.
Le secrétaire de la Chambre préfectorale du commerce lance également un avertissement à l’ensemble des commerçants évoluant dans la filière.
« Nous demandons à tous les vendeurs de poisson, qu’ils soient libanais ou non, de prendre toutes les dispositions nécessaires afin de mettre sur le marché des produits de bonne qualité. Ces femmes investissent leurs ressources dans ce commerce et il est inadmissible qu’elles enregistrent des pertes à cause de poissons impropres à la consommation. Si nous sommes saisis de cas avérés de commercialisation de poisson de mauvaise qualité, nous n’hésiterons pas à prendre des mesures pouvant aller jusqu’à la fermeture du magasin frigorifique concerné, jusqu’à nouvel ordre », a-t-il prévenu.

Depuis plusieurs semaines, la hausse des prix du poisson alimente les inquiétudes des ménages et des commerçantes du grand marché de N’Zérékoré. Entre la raréfaction du produit, les difficultés d’approvisionnement et les plaintes liées à la qualité de certaines marchandises, les acteurs de la filière espèrent un retour progressif à la normale dans les prochains mois.
Depuis N’Zérékoré, Alain Lamah pour Guineesource.com