Lelouma : poursuivies pour « homosexualité », trois jeunes femmes finalement condamnées pour attentat à la pudeur

À Lelouma, trois jeunes femmes ont été reconnues coupables d’attentat à la pudeur par la justice de paix. Initialement poursuivies pour des faits qualifiés d’homosexualité, elles ont finalement été jugées et condamnées pour attentat à la pudeur après une requalification des faits par le juge de paix. Elles écopent chacune de sept jours d’emprisonnement ferme et d’une amende d’un million de francs guinéens. Une décision qui relance le débat sur la répression des infractions aux bonnes mœurs dans la préfecture.

La justice de paix de Lelouma a rendu son verdict dans une affaire qui a fortement alimenté les discussions au sein de la population. Poursuivies dans un premier temps pour des faits qualifiés d’homosexualité, les trois jeunes femmes ont comparu en flagrant délit. Au cours du procès, le juge de paix Ibrahima Sory Camara a procédé à une requalification juridique des faits, retenant finalement l’infraction d’attentat à la pudeur.

Elles ont été condamnées, jeudi 30 juillet 2026, à sept jours d’emprisonnement ferme et au paiement d’une amende de 1 million de francs guinéens chacune.

Selon les informations recueillies par Guineesource.com, l’affaire trouve son origine dans plusieurs dénonciations faisant état de comportements jugés contraires aux bonnes mœurs dans certains lieux de divertissement de la préfecture. Saisi de ces signalements, le juge de paix de Lelouma a ordonné l’ouverture d’une enquête confiée aux services de la gendarmerie.

Les investigations, appuyées par des photographies et des vidéos, ont conduit à l’interpellation des trois prévenues le 17 juillet 2026. Deux ont été arrêtées dans le district de Korbè, tandis que la troisième a été interpellée dans la commune urbaine de Lelouma.

À l’audience, le ministère public leur reprochait initialement des faits liés à l’homosexualité. Après examen du dossier et des éléments soumis aux débats, le juge de paix a retenu la qualification d’attentat à la pudeur.

Interrogé par notre correspondant, le juge de paix Ibrahima Sory Camara a indiqué que l’enquête avait visé un nombre plus important de personnes.

« Lorsque les enquêtes ont commencé, plusieurs dénonciations nous sont parvenues. Beaucoup de noms ont été cités, mais nous n’avons pu interpeller que ces trois personnes. D’autres avaient déjà quitté la ville », a-t-il déclaré.

Jugée en procédure de flagrant délit, l’affaire a été examinée dans un délai relativement court. À l’issue des débats, le tribunal a déclaré les trois prévenues coupables et les a condamnées chacune à sept jours de prison ferme, assortis d’une amende de 1 million de francs guinéens.

Le magistrat a par ailleurs précisé le profil des condamnées. La première est une élève en Terminale Sciences sociales, mariée et mère d’une fillette, dont le mari réside à Dakar. La deuxième est une ancienne élève ayant abandonné ses études, tandis que la troisième est couturière et divorcée.

Depuis Labé, Thierno Sadou pour Guineesource.com.

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