Lélouma : plus de 560 enfants privés d’école faute d’enseignants

L’enseignement élémentaire et secondaire dans la préfecture de Lélouma est confronté à un manque criant de personnel enseignant. Avec seulement 395 enseignants titulaires pour 855 groupes pédagogiques répartis dans 237 écoles primaires, les besoins restent considérables. Deux établissements sont fermés depuis l’année dernière, tandis que plus de 560 enfants seraient privés de scolarité. Face à cette situation, la Direction préfectorale de l’Éducation lance un appel à l’État pour un renforcement urgent des effectifs.

Joint au téléphone dans la matinée du mercredi 21 octobre 2026, Mamadou Oury Diallo, directeur préfectoral de l’Éducation par intérim, a détaillé l’ampleur du déficit auquel son service est confronté.

« À Lélouma, nous avons 237 écoles élémentaires. Dans ces écoles, nous avons 855 groupes pédagogiques et 395 enseignants titulaires. Si, dans chaque classe à l’élémentaire, il faut un enseignant, nous aurons besoin de 460 enseignants supplémentaires. Au secondaire, nous avons besoin de 96 professeurs », a-t-il expliqué.

Ce manque de personnel a déjà des conséquences sur le fonctionnement de plusieurs établissements. Selon le responsable préfectoral, deux écoles primaires situées à Sagalé et à Linsan sont restées fermées depuis l’année dernière, faute d’enseignants. Des enfants inscrits en première année n’ont ainsi pas pu entamer ou poursuivre leur parcours scolaire normalement.

La situation concerne également les onze communes rurales de la préfecture, où de nombreux enfants restent confrontés à des difficultés d’accès à l’éducation.

« Nous avons plus de 560 enfants inscrits qui ne sont pas partis à l’école », a déploré Mamadou Oury Diallo.

Face à cette situation préoccupante, le directeur préfectoral de l’Éducation par intérim sollicite l’intervention de l’État afin de renforcer les effectifs enseignants. Il estime notamment que la prise en charge des enseignants contractuels pourrait contribuer à combler une partie du déficit, malgré le recrutement annoncé de 6 000 enseignants à l’échelle nationale.

« Nous avons vu, au niveau du système éducatif, le recrutement de 6 000 enseignants, mais nous n’espérons pas avoir suffisamment d’enseignants dans ces conditions. Nous sommes sûrs que nous n’aurons pas suffisamment d’enseignants et nous voulons que l’État accepte de prendre en charge les contractuels d’État », a-t-il plaidé.

Pour lui, la valorisation de ces contractuels représenterait une solution permettant de répondre plus largement aux besoins des établissements, compte tenu des moyens financiers disponibles.

« Le salaire d’un titulaire peut payer quatre contractuels d’État. C’est dans ces conditions que nous pourrons avoir l’espoir que toutes les écoles de Lélouma fonctionnent », a-t-il conclu.

En attendant une réponse des autorités, le déficit d’enseignants demeure un défi majeur pour le système éducatif de Lélouma. Le renforcement des effectifs apparaît désormais indispensable pour permettre aux enfants des localités concernées de retrouver le chemin de l’école et garantir la continuité de l’enseignement dans les onze communes rurales de la préfecture.

Depuis Labé,Thierno Sadou Barry pour Guineesource.com

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