Guinée : les enseignants mis à la disposition des collectivités réclament neuf mois d’arriérés de salaire

La Coordination nationale des enseignants communaux retenus de Guinée (CNECRG), en collaboration avec l’Union des fonctionnaires locaux de Guinée (UFLG), interpelle l’Intersyndicale de l’Éducation sur plusieurs revendications, dont le paiement de neuf mois d’arriérés de salaire et la régularisation de leurs primes.

Les enseignants communaux retenus de Guinée montent au créneau. Dans un mémorandum adressé à l’Intersyndicale de l’Éducation (SNE, FSPE et SLECG) dont la redaction de Guineesource detient copie, la CNECRG et l’UFLG demandent une intervention auprès des autorités compétentes pour obtenir la régularisation de plusieurs situations qu’elles jugent préoccupantes.

Au cœur des revendications figure le paiement de neuf mois d’arriérés de salaire, couvrant la période de janvier à septembre 2024.

Neuf mois de salaires réclamés

Selon le document, l’article 5 du protocole d’accord additionnel du 4 avril 2024 prévoyait le rappel des salaires dus aux enseignants concernés pour la période de janvier à juin 2024.

Les organisations signataires affirment toutefois que leur prise en charge effective n’est intervenue qu’en octobre 2024. Ce décalage aurait porté la période des arriérés à neuf mois.

« À ce jour, force est de constater qu’aucun paiement de ces arriérés n’a été effectué », déplorent-elles, réclamant le paiement intégral et sans délai des neuf mois d’arriérés.

Une contestation autour des primes d’incitation

Les enseignants dénoncent également ce qu’ils considèrent comme une inégalité dans l’attribution des primes d’incitation.

Ils expliquent que la majorité d’entre eux est affectée dans des zones classées 3 et 4, notamment dans des sous-préfectures et districts, mais continuerait de percevoir des primes correspondant aux zones 1 et 2.

Selon le mémorandum, leurs primes seraient comprises entre 600 000 et 700 000 francs guinéens, alors que d’autres enseignants exerçant dans les mêmes localités percevraient des montants allant de 1 à 1,3 million de francs guinéens.

Face à cette situation, la CNECRG et l’UFLG demandent la révision des montants, leur mise en conformité avec les zones d’affectation ainsi que la régularisation rétroactive des droits financiers des enseignants concernés.

Les quatre échelons également réclamés

Autre point soulevé : la non-application de la mesure portant attribution de quatre échelons aux agents publics et contractuels permanents.

Les enseignants affirment être exclus du bénéfice de cette mesure, alors qu’ils ont été régulièrement intégrés à la Fonction publique et mis à la disposition des collectivités locales.

Ils demandent donc l’application immédiate de cette mesure à l’ensemble des enseignants concernés.

Des demandes de reclassement

Le mémorandum met également en avant la situation des enseignants titulaires de licences professionnelles, de maîtrises ou d’autres diplômes délivrés par des établissements d’enseignement supérieur.

Selon leurs représentants, certains de ces fonctionnaires restent classés en hiérarchie A1, malgré leurs qualifications, alors que des agents publics titulaires de diplômes similaires bénéficieraient d’un classement supérieur.

La CNECRG et l’UFLG sollicitent ainsi le reclassement des enseignants concernés conformément aux diplômes détenus et aux textes réglementaires en vigueur.

L’Intersyndicale appelée à agir

À travers cette démarche, les deux organisations demandent à l’Intersyndicale de l’Éducation de porter leurs revendications auprès des autorités compétentes, d’œuvrer à leur régularisation avant l’ouverture prochaine des classes et d’assurer un suivi jusqu’au rétablissement de leurs droits.

Une interpellation qui intervient alors que la question des conditions de travail, de rémunération et de carrière des enseignants demeure au cœur des préoccupations du secteur éducatif guinéen.

Rédaction de Guineesource.com

Tel: +224 620 17 18 14

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *