
Le gouvernement guinéen, à travers le ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, a procédé, ce lundi 29 juin 2026, au lancement officiel du Projet Eau et Assainissement de Guinée (PEAG) dans un complexe hôtelier de la capitale. La cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, des conseillers à la Présidence, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants de la société civile.
Ce projet ambitieux vise à améliorer durablement l’accès à l’eau potable dans le Grand Conakry à travers le financement d’infrastructures et le renforcement des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène.
Prenant la parole, le coordonnateur du projet a souligné l’importance stratégique du PEAG pour le développement du pays.

« Au-delà de l’eau, ce sont des vies qui seront impactées. C’est aussi une opportunité économique qui s’inscrit pleinement dans la vision Simandou 2040. La présence des membres du gouvernement traduit l’engagement des plus hautes autorités en faveur de l’accès à l’eau potable et des réformes nécessaires pour améliorer durablement le service public », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que, malgré son statut de « château d’eau de l’Afrique », la Guinée reste confrontée à d’importants défis en matière d’accès à l’eau potable, notamment dans le Grand Conakry où la forte croissance démographique exerce une pression considérable sur les infrastructures existantes.
Selon lui, le projet permettra de renforcer l’accès à une eau potable sécurisée pour 2,6 millions de personnes, dont 570 000 bénéficieront d’un accès direct grâce aux nouvelles infrastructures.
Au nom des partenaires techniques et financiers, Xavier Sticker, ambassadeur et Chef de la délégation de l’Union Européenne en Guinée a salué une initiative qui s’inscrit dans une approche intégrée du secteur de l’eau et de l’assainissement.

« C’est un plaisir renouvelé pour l’Union européenne de s’engager aux côtés de la Guinée, sous la conduite de la Banque mondiale, pour des investissements majeurs dans le secteur de l’eau. Seule une approche intégrée, incluant la gestion des déchets solides et des eaux usées, permettra de répondre durablement aux attentes des citoyens », a-t-il indiqué.
Il a rappelé que les partenaires mobilisent, au sein de « Team Europe », plus de 600 millions de dollars pour accompagner ce programme.
Pour sa part, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Maciré Sylla, a affirmé que le PEAG s’inscrit pleinement dans la vision du programme Simandou 2040.

« Ce projet constitue un levier essentiel de croissance inclusive et de développement territorial. Son succès dépendra autant de la qualité des infrastructures réalisées que de la capacité du secteur de l’eau à assurer leur pérennité. Le PEAG démontre que la Guinée est capable de mobiliser d’importants financements, de les gérer avec rigueur et de les transformer en résultats concrets pour les populations », a-t-elle déclaré.
De son côté, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, a estimé que le lancement du projet marque un tournant historique.

« Nous lançons aujourd’hui bien plus qu’un programme d’infrastructures. Nous lançons une nouvelle manière de concevoir le développement. Pendant longtemps, la Guinée a vécu le paradoxe d’être le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest tout en connaissant d’importantes pénuries d’eau. Cette injustice commence aujourd’hui à être réparée », a-t-il affirmé.
Le ministre a précisé que le PEAG, d’un coût global de près de 670 millions de dollars américains, repose sur cinq composantes majeures : le renforcement de la production et de la distribution d’eau potable dans le Grand Conakry avec une capacité supplémentaire de 200 000 m³ par jour, la réalisation de branchements sociaux en faveur des ménages vulnérables, l’amélioration de la gestion durable des ressources en eau, l’appui aux réformes institutionnelles du secteur ainsi que la mise en place d’un mécanisme d’intervention d’urgence face aux aléas.
Selon lui, ce projet est le fruit de trois années de négociations et de missions techniques menées avec les partenaires internationaux. Il a adressé les remerciements du gouvernement à la Banque mondiale, à la Banque européenne d’investissement, à l’Union européenne, au Fonds pour l’environnement mondial, à l’Agence française de développement ainsi qu’à l’ensemble des partenaires techniques et financiers ayant contribué à la concrétisation du projet.
Par Foromo Lamah, pour Guineesource.com
Tel : +224 620 171 814