
L’ancien Premier ministre guinéen et président de l’Union des forces républicaines (UFR), Sidya Touré, est décédé vendredi 25 septembre 2026 à Paris, à l’âge de 81 ans. L’annonce de sa disparition a été rapportée tard dans la soirée par plusieurs médias guinéens.
Figure majeure de la vie politique guinéenne depuis les années 1990, Sidya Touré aura traversé plusieurs grandes séquences de l’histoire politique récente du pays, de la présidence de Lansana Conté à celle d’Alpha Condé, jusqu’à la période ouverte par le coup d’État de septembre 2021.
De la Primature à l’opposition
Économiste de formation et ancien cadre ayant exercé en Côte d’Ivoire, Sidya Touré revient en Guinée au milieu des années 1990. Le 9 juillet 1996, le président Lansana Conté le nomme Premier ministre, alors que la fonction venait d’être rétablie après plusieurs années d’absence. Il dirige le gouvernement jusqu’au 8 mars 1999, date à laquelle il est remplacé par Lamine Sidimé.
Après son départ de la Primature, il s’engage durablement dans la politique. En mai 2000, il prend la tête de l’Union des forces républicaines (UFR), dont il restera le principal dirigeant pendant plus de deux décennies. Il participe notamment aux élections présidentielles de 2010 et 2015.
Une parenthèse au sommet de l’État
Sous la présidence d’Alpha Condé, Sidya Touré occupe de nouveau une fonction institutionnelle de premier plan. En janvier 2016, il est nommé Haut représentant du chef de l’État, une fonction qu’il quitte en décembre 2018.
Après la prise du pouvoir par les militaires en septembre 2021, ses relations avec les nouvelles autorités se détériorent. En février 2022, il quitte sa résidence de La Minière, à Conakry, dans le contexte de la récupération de biens de l’État. Il s’installe ensuite hors de Guinée.
En mai 2025, malgré son éloignement du pays, Sidya Touré est reconduit à la tête de l’UFR pour un nouveau mandat de cinq ans.
Quelques mois avant sa disparition, son parti est cependant dissous par les autorités guinéennes. Le 6 mars 2026, l’UFR figure parmi les 40 formations politiques concernées par cette mesure, aux côtés notamment de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et du RPG-AEC d’Alpha Condé. Le ministère de l’Administration du territoire avait invoqué des manquements aux obligations légales.
Une page de la vie politique guinéenne se tourne
Avec la disparition de Sidya Touré, la Guinée perd une figure politique qui aura occupé une place importante dans la vie publique nationale pendant près de trois décennies.
Ancien Premier ministre, candidat à deux élections présidentielles et dirigeant de l’UFR pendant plus de vingt-cinq ans, il aura été l’un des acteurs de premier plan de la période politique ouverte avec le multipartisme et des différentes transformations de la scène politique guinéenne.
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