Dubréka : les familles impactées par la construction de l’ENA reçoivent leurs documents administratifs

À Kenendé, dans la commune urbaine de Dubréka, le gouvernement a procédé ce mercredi 16 septembre 2026 à la remise de documents administratifs aux familles impactées par les travaux de construction de l’École nationale d’administration (ENA). Une étape présentée comme une réponse aux préoccupations des personnes concernées par le projet.

La cérémonie a été présidée par le Premier ministre Amadou Oury Bah, en présence notamment du ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, et du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Lamine Sy Savané.

Autorités locales, représentants des bénéficiaires, chefs de quartier, autorités morales et populations de Dubréka ont également pris part à la rencontre.

Dans son discours de bienvenue, le maire de la commune urbaine de Dubréka a rappelé que derrière la réalisation d’une infrastructure publique se trouvent des familles directement concernées par les travaux.

« Au-delà des infrastructures, il y a des femmes et des hommes, des familles et des communautés qui sont concernées par la réalisation de ce projet», a dit le maire Youssouf Bangoura.

Pour l’autorité communale, la remise des actes administratifs et des plans de masse constitue une étape importante dans l’accompagnement et la sécurisation des bénéficiaires.

Prenant la parole, le ministre Faya François Bourouno a indiqué que 61 familles sont reconnues bénéficiaires du site de recasement. Il a présenté la remise des documents comme l’aboutissement d’un processus visant à prendre en compte les droits des personnes affectées par le projet de construction de l’ENA.

« Cette remise n’est pas un simple acte administratif. Elle consacre la reconnaissance de vos droits et la volonté du gouvernement de conduire les grands projets d’infrastructure de l’État dans le respect strict des personnes affectées », a déclaré le ministre.

Faya François Bourouno a également évoqué les travaux réalisés dans la zone, notamment la route bitumée reliant le carrefour au site de recasement. Selon lui, le gouvernement souhaite par ailleurs faire de ce projet un projet intégré, avec notamment des perspectives autour des activités écotouristiques.

Au nom des familles concernées, Mafoudia Keïta, porte-parole des recasés du site de construction de l’ENA à Kenendé, a salué l’intervention des autorités et la prise en compte de leur situation. Elle a toutefois formulé une nouvelle doléance devant le Premier ministre : le règlement des indemnisations.

« Nous avons encore une dernière doléance à soumettre à votre haute autorité. Cette doléance concerne les indemnisations », a-t-elle déclaré.

De son côté, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Lamine Sy Savané, a souligné la dimension humaine du processus. Il a indiqué que l’État met à la disposition des bénéficiaires près de neuf hectares comprenant 158 parcelles, ainsi que neuf équipements destinés notamment aux infrastructures scolaires, sportives, au marché, aux lieux de culte et au cimetière.

« Ce ne sont donc pas simplement des parcelles que nous remettons. Nous ouvrons une nouvelle perspective pour des familles et nous matérialisons des engagements d’un État responsable », a-t-il déclaré.

Le ministre a également insisté sur la nécessité d’accompagner les projets publics par une prise en compte des personnes directement affectées.

Présidant la cérémonie, le Premier ministre Amadou Oury Bah a reconnu les difficultés rencontrées par les familles dont les habitations et les terres ont été affectées par les travaux de construction de l’ENA.

« Faire son habitation, c’est avoir des années d’efforts compromis et l’avenir devenir incertain. Votre attente a été longue », a-t-il reconnu.

Selon le chef du gouvernement, lorsque la situation des personnes impactées lui a été soumise, il a demandé aux départements concernés de travailler ensemble afin de parvenir à une solution de recasement.

Pour Amadou Oury Bah, la réalisation des projets d’utilité publique doit aller de pair avec la prise en compte des droits des citoyens concernés.

« Le progrès du pays doit se construire dans le respect de la dignité de chaque citoyen. La justice sociale se mesure aux réponses que l’État apporte aux personnes que ses décisions affectent. »

Répondant à la doléance formulée par les bénéficiaires concernant les indemnisations, le Premier ministre a assuré que les services concernés allaient examiner la question.

La cérémonie de Kenendé marque ainsi une nouvelle étape dans le processus de recasement des familles affectées par la construction de l’ENA, alors que les bénéficiaires attendent désormais des suites sur la question des indemnisations.

Depuis Dubréka, Marie Louise Bangoura pour Guineesource.com

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