« Mon échec m’a rendu plus fort » : le parcours inspirant de Nyéréké Nicolas Kolié, 2ᵉ au CEE, veut devenir médecin

Au moment où les résultats du Certificat d’études élémentaires (CEE) tombaient, Nyéréké Nicolas Kolié n’avait ni les yeux rivés sur un téléphone, ni l’esprit tourné vers les examens. Dans son village de Tokpata, il travaillait aux champs aux côtés de ses parents, sans imaginer qu’il venait de réaliser l’un des plus beaux parcours scolaires de la préfecture de N’Zérékoré.

Quelques minutes plus tard, un appel de son directeur d’école allait bouleverser sa journée. Le jeune élève était non seulement admis au CEE, session 2026, mais classé deuxième de toute la préfecture. Une récompense qui vient couronner une année de sacrifices, après un premier échec qu’il avait transformé en source de motivation.

« J’étais au village avec mes parents lorsque notre directeur m’a annoncé les résultats. D’abord, il m’a dit que j’étais admis. J’étais déjà très heureux. Ensuite, il m’a appris que j’étais deuxième de la préfecture. À ce moment-là, je n’arrivais plus à contenir ma joie », raconte le nouveau collégien, le sourire encore visible sur son visage.

Derrière cette performance se cache une histoire de persévérance. L’année précédente, Nyéréké Nicolas avait échoué à l’examen. Loin de se décourager, il a choisi de reprendre le chemin des cahiers avec une seule idée en tête : réussir.

« Cet échec m’a donné encore plus de courage. Je révisais seul, avec mon maître et avec mes parents. Je voulais absolument faire honneur à ma famille. Aujourd’hui, Dieu a récompensé tous nos efforts », confie-t-il.

À seulement quelques jours de son entrée au collège, le jeune lauréat nourrit déjà une ambition bien précise : devenir médecin.

« Je veux soigner les malades et sauver des vies. C’est mon plus grand rêve. Je félicite tous ceux qui ont réussi et j’encourage ceux qui ont échoué à ne jamais abandonner. »

Pour son père, Mathias Kolié, enseignant contractuel, cette réussite dépasse largement un simple classement.

« Lorsque j’ai consulté les résultats, j’ai découvert qu’il était admis. Puis j’ai vu qu’il était deuxième de la préfecture. J’ai été submergé par l’émotion. Je ne m’attendais pas à un tel résultat », raconte-t-il.

Selon lui, cette distinction est le fruit d’un accompagnement quotidien de toute la famille malgré des conditions financières modestes.

« À la maison, nous suivions ses révisions avec sa mère. À l’école, ses enseignants l’ont beaucoup encadré. Nous avons fait tout ce qui était possible pour qu’il réussisse. Mais nos moyens restent limités. Je suis enseignant contractuel et il nous arrivait d’avoir du mal à acheter ses fournitures scolaires. Aujourd’hui, je lance un appel aux autorités, aux bonnes volontés et aux personnes sensibles à l’éducation afin qu’elles l’aident à poursuivre ses études. Je crois en son potentiel et je suis convaincu qu’il peut aller très loin. »

À Tokpata, la réussite de Nyéréké Nicolas est devenue une source de fierté pour toute la communauté. Son parcours rappelle qu’un échec n’est pas une fin, mais parfois le point de départ d’une réussite encore plus éclatante.

De Tokpata (N’Zérékoré), Jean Loua pour Guineesource.com

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