
À seulement 10 ans, Labile Jérémy Waïta Monemou s’est hissé à la première place de la préfecture de N’Zérékoré au Certificat d’études élémentaires (CEE), session 2026. Derrière cette performance se cachent plusieurs mois de travail acharné, un encadrement familial rigoureux et une promesse faite à ses parents : devenir le premier de la préfecture.
Rencontrés à leur domicile de Nakouyakpala, le jeune lauréat et son père racontent les sacrifices, la discipline et les valeurs qui ont conduit à cette réussite.
« Dès la proclamation de mon passage en 6ᵉ année, j’ai commencé à réviser. Une semaine après les résultats, je me suis mis au travail avec beaucoup de concentration », raconte le jeune prodige.
Grâce au soutien de ses parents, qui lui achetaient les livres dont il avait besoin, il a suivi des cours de vacances avant de poursuivre ses révisions tout au long de l’année scolaire.
« Je participais à tous les cours de révision et aux cours du soir. Je ne manquais jamais un cours. Mes parents m’encadraient très bien et c’est grâce à cela que j’ai réussi. J’avais promis à mes parents que je serais le premier de la préfecture. Aujourd’hui, j’ai tenu cette promesse », révèle-t-il.
Habitué aux premières places, Labile précise que cette réussite n’est pas une surprise pour lui.
« Depuis la cinquième année, je suis premier de ma classe. Plus tard, je veux devenir médecin, comme mon homonyme », confie-t-il avec un sourire.
Une fierté familiale
Pour son père, Ouo Ouo II Monemou, administrateur civil, cette distinction représente avant tout une immense fierté familiale.

« C’est une joie indescriptible. Quand un enfant réussit, c’est toute la famille qui est honorée. Aujourd’hui, je l’ai présenté à mes amis en leur disant : « Voici mon fils, premier de la préfecture de N’Zérékoré. » »
La famille n’a découvert la nouvelle que dans la nuit, après la consultation des résultats en ligne.
« Une cousine, depuis Conakry, a consulté son PV sur la plateforme des résultats. Lorsqu’elle a vu qu’il était premier, nous avons tous explosé de joie. Nous avons sorti un amplificateur et nous avons dansé jusqu’à 23 heures », se souvient-il.
Mais derrière cette réussite, il y a surtout une éducation fondée sur la discipline et la constance.
« Depuis tout petit, Jérémy est passionné par les études. Il a appris lui-même l’alphabet. Depuis la deuxième année, il est toujours premier. Je lui disais constamment : « Tu dois être premier. » Il me répondait : « Papa, je vais le faire. » Aujourd’hui, il a tenu parole », témoigne son père.
L’éducation, le plus grand investissement
Pour Ouo Ouo II Monemou, la réussite de ses enfants demeure la meilleure richesse qu’un parent puisse construire.
« Même si je ne construis pas de maison, si mes enfants réussissent, c’est ma plus grande richesse. Tout ce que je possède sert à leur acheter des livres, à payer leur scolarité et à leur offrir de bonnes conditions d’apprentissage », soutient-il.
À ses yeux, la réussite scolaire repose également sur un suivi permanent des parents.
« Après l’école, ils rentrent directement à la maison. Notre cour reste fermée. Ils se reposent un peu, puis commencent les révisions. À mon retour du travail, je contrôle toujours leurs cahiers. C’est cette discipline qui leur permet de progresser », explique-t-il.
Le père du lauréat met également en garde contre l’usage précoce des téléphones portables.
« Ici, aucun de mes enfants n’a de téléphone Android. Jérémy n’en a jamais eu. Je veux qu’il soit concentré sur les livres, pas sur les distractions qui peuvent nuire à son éducation », martèle-t-il.
Avant de conclure, il adresse un message aux parents d’élèves.
« L’enfant est le plus précieux cadeau que Dieu nous donne. Les maisons peuvent disparaître, mais une bonne éducation reste pour toute la vie. Encadrez vos enfants dès leur plus jeune âge, investissez dans leur éducation et préparez-les à affronter la vie. C’est le plus bel héritage que vous puissiez leur laisser », conseille-t-il.
À travers cette première place au CEE 2026, Labile Jérémy Waïta Monemou démontre que la réussite scolaire est le fruit d’un équilibre entre efforts personnels, discipline et accompagnement familial. À seulement 10 ans, le jeune prodige nourrit déjà le rêve de devenir médecin, tandis que son parcours constitue une source d’inspiration pour de nombreuses familles guinéennes.

Guineesource.com