
Depuis plusieurs années, la présence croissante de groupes qualifiés de Lobbys dans la région de N’Zérékoré, notamment dans la préfecture de Lola, suscite de vives inquiétudes. Ces groupes, venus principalement du Burkina Faso et passés par la Côte d’Ivoire, s’installent progressivement sur les terres forestières guinéennes.
Trouvé dans son bureau ce mardi 7 octobre 2025, Benjamin Moguéalon Doré, président de la délégation spéciale de Lola, a mis en garde contre leurs activités qu’il juge dangereuses pour les populations et destructrices pour l’environnement forestier. Face à cette menace silencieuse, il appelle à une réaction ferme de l’État et à une prise de conscience collective afin de protéger les ressources naturelles de la région.

« Ces lobbys, souvent originaires du Burkina Faso et passés par la Côte d’Ivoire, s’installent désormais dans la région de N’Zérékoré, notamment à Lola. Ce sont des personnes dangereuses : une fois qu’ils occupent un terrain, même le propriétaire ne peut plus y accéder sans risquer sa vie. Ils utilisent des substances toxiques sans antidote. Pour toutes ces raisons, nous ne voulons pas de lobbys en Guinée », a déclaré Benjamin Doré, président de la délégation spéciale de Lola.
Selon lui, la présence croissante de ces groupes dans plusieurs localités telles que Zoo, Tounkarata et Zao constitue une menace réelle pour les forêts de la région.
« Lors de ma première mission à Tounkarata, dans le district de Gban, j’ai réuni les autorités locales, les chefs de villages et les citoyens pour une séance de sensibilisation sur les dangers liés à l’installation des lobbys », a-t-il expliqué.
Le président Doré dit être profondément préoccupé, non seulement par la présence de ces groupes, mais aussi par le système qu’ils imposent :
« Si nous ne prenons pas des mesures dès maintenant, dans 20 ans, nous risquons de perdre toutes nos forêts. Sur le terrain, j’ai demandé aux populations pourquoi elles acceptaient les lobbys. Elles m’ont répondu qu’elles s’entendaient bien avec eux, car ils travaillent correctement. Certains m’ont expliqué que les lobbys exploitent dix hectares, qu’ils divisent ensuite équitablement avec les propriétaires. Mais que se passera-t-il demain, lorsque les enfants de ces propriétaires auront besoin de terres pour cultiver ? Si nos parents avaient accepté ce genre d’accords, nous n’aurions plus de terres aujourd’hui. C’est pourquoi je m’oppose fermement à ce système », condamne-t-il.
Benjamin Doré se félicite cependant des premières mesures prises par les autorités nationales :
« Je remercie Dieu que le Président de la République ait entendu nos cris de cœur. Des dispositions sont déjà prises pour faire quitter ces lobbys de notre territoire. Certains individus ont été interpellés et sont actuellement entre les mains de la justice à N’Zérékoré », a-t-il déclaré.
Il a également lancé un appel aux citoyens et à leurs complices locaux :

« Pour ceux qui soutiennent ces lobbys, il est temps qu’ils arrêtent. Je plaide auprès du Président pour qu’une mission soit envoyée afin de traquer tous les responsables. La sécurité de nos citoyens est en jeu. Toute personne impliquée sera jugée et condamnée selon la loi. Ma première mission a été de sensibiliser la population, ce qui a été fait. Si malgré cela certains persistent, alors seule la loi pourra trancher», a-t-il martelé.
De N’Zérékoré, Sayon Haba et Marc Koïkoï Traoré pour Guineesource.com
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