
Le district de N’yèma-Nord, relevant de la sous-préfecture de Koropara, dans la préfecture de N’Zérékoré, fait face à une grave crise d’infrastructures. Au moins quatre ponts de franchissement se sont effondrés ces derniers jours, à la suite de fortes pluies qui se sont abattues la semaine dernière sur la localité. Ces effondrements ont coupé l’accès à plusieurs villages environnants, perturbant lourdement les activités économiques et sociales des populations, rapporte un correspondant de Guineesource.com basé à N’Zérékoré.
Joint par téléphone ce dimanche 27 juillet 2025, Bahali Robert Haba, président du conseil de district de N’yèma-Nord, a confirmé l’information et donné des précisions sur la situation :« C’est dans la soirée du samedi 19 juillet 2025 qu’il y a eu ces fortes pluies. Le lendemain, dimanche, nous avons constaté que plusieurs ponts avaient cédé. Au total, ce sont quatre ponts qui se sont effondrés, dont deux en bois construits à la main par les citoyens. L’un des ponts s’est effondré sur la route principale reliant N’yèma-Nord à la sous-préfecture de Womey. Un autre a cédé sur la route principale menant vers la sous-préfecture de Koropara. Ce n’étaient pas de petits ponts. Les deux autres, faits en bois, se trouvaient sur la route d’un de nos secteurs, Gbana. Tout est parti. Nous avons d’abord informé le président de la délégation spéciale de Koropara, puis nous avons adressé une demande au préfet hier, samedi », a expliqué M. Haba.
Selon lui, cette situation constitue un véritable calvaire pour les populations locales, dont les produits agricoles et commerciaux commencent à périr faute d’accès aux marchés. « Cela nous fait énormément souffrir, car nos routes sont pratiquement toutes coupées. Ce sont ces routes qui permettaient aux commerçants et acheteurs d’accéder à nos villages pour acheter nos produits. Depuis, plus aucun véhicule n’est venu, et les marchés hebdomadaires ne se tiennent plus. Nous sommes complètement enclavés. Les produits pourrissent et les citoyens, surtout les plus pauvres, en subissent les conséquences. Nous avons tenté de créer des déviations pour rétablir un minimum de passage, notamment vers Womey, mais cela reste très difficile. C’est une énorme souffrance », a-t-il déploré.
Face à cette urgence humanitaire et économique, Bahali Robert Haba lance un appel pressant aux autorités et aux personnes de bonne volonté :« Je lance un appel aux autorités à tous les niveaux, aux ONG et à toutes les bonnes volontés : aidez-nous ! Nous sommes totalement isolés. Les citoyens ne parviennent plus à vendre leurs produits. Ils sont en train de tout perdre à cause de l’enclavement », a-t-il imploré.
De N’Zérékoré, Jean Loua pour Guineesource.com