« J’ai découvert le corps sans vie de mon épouse » : le récit poignant du mari d’Aïssatou Baldé

La douleur reste vive au sein des familles des deux femmes décédées dans le grave accident de la circulation survenu le dimanche 26 juillet 2026 au quartier Daka, dans la commune urbaine de Labé. Parmi les victimes figure Aïssatou Baldé, sage-femme en stage à Conakry, venue dans sa ville natale pour des raisons familiales. Son époux, Mamadou Malal Diallo, revient, avec une profonde émotion, sur les circonstances de ce drame qui a bouleversé leur famille.

Rencontré dans la concession mortuaire ce lundi 27 juillet 2026, le veuf, visiblement très éprouvé, raconte avoir appris la terrible nouvelle alors qu’il se trouvait à Paraya.

« J’étais parti à Paraya lorsqu’un numéro inconnu m’a appelé. La personne m’a demandé si j’étais le fils de Sally Yaghouba. Après ma réponse, elle m’a demandé de me rendre d’urgence à l’hôpital. Dès mon arrivée, j’ai entendu des médecins dire qu’une personne était décédée. À cet instant, je ne savais pas encore de qui il s’agissait. Quelqu’un a ensuite prononcé le nom d’Aïssatou Bah, originaire de Doghol Seleyabhè. J’ai immédiatement pensé à mon épouse, puisque depuis vendredi nous étions ensemble à Labé. J’ai commencé à perdre connaissance avant d’être soutenu par des proches. Ils m’ont conduit à la morgue où j’ai découvert le corps sans vie de mon épouse. Elle s’appelait Aïssatou Baldé, mais beaucoup la connaissaient sous le nom d’Aïssatou Bah. »

Mariés depuis 2001, Mamadou Malal Diallo et Aïssatou Baldé ont eu trois enfants. Selon son époux, la défunte avait d’abord étudié en santé communautaire à Labé avant de poursuivre une formation de sage-femme à Conakry. Elle effectuait récemment un stage au centre de santé de Madina et résidait avec sa famille à Kagbélén, où elle apportait régulièrement son assistance à des patients de son entourage.

Revenant sur les raisons de sa présence à Labé, le veuf explique que son épouse était venue rendre visite à sa belle-mère malade et assister à une cérémonie familiale.

« Elle est arrivée vendredi pour venir voir ma mère qui est malade. Il y avait également un mariage prévu dans la famille et elle voulait y assister. Malgré son état de santé, elle a insisté pour effectuer le voyage. Comme toutes les chambres étaient occupées à la maison, elle a préféré passer la nuit chez Mariama Bobo, l’une de ses meilleures amies avec qui elle avait étudié à Labé. Ce dimanche, elles sont revenues ensemble avant de prendre la direction de Kourahôdé, dans le quartier Konkola, où devait se dérouler le mariage. C’est malheureusement sur ce trajet qu’elles ont été victimes de l’accident qui leur a coûté la vie à toutes les deux. »

Très ému, Mamadou Malal Diallo confie avoir perdu bien plus que son épouse.

« J’ai perdu la mère de mes enfants, mais aussi une proche parente. Elle était ma cousine. J’ai été élevé par sa mère, qui était aussi ma tante. C’est elle qui nous a unis en mariage. Aujourd’hui, je prie pour qu’Allah lui pardonne ses fautes, lui accorde Sa miséricorde et l’accueille dans Son paradis éternel. En tant qu’époux, je lui pardonne tout. »

Depuis Labé, Thierno Sadou pour Guineesource.com

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