Guinée forestière : l’Institut de recherche de Moata veut faire de l’aulacode une arme contre la pauvreté

L’Institut de Recherche et de Vulgarisation de l’Aulacodiculture de Guinée (IRIVAG), situé dans le district de Moata, préfecture de N’Zérékoré, œuvre dans l’élevage de l’aulacode — un rongeur improprement appelé agouti en Guinée et dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, mais souvent désigné hérisson au Gabon et dans certaines régions d’Afrique centrale.

Dans un entretien accordé ce samedi 11 octobre 2025 à notre rédaction,  Dr Mohamed Diakité, directeur de l’Institut, a présenté les missions, les réalisations et les ambitions de cette structure scientifique rattachée à l’Université de N’Zérékoré. 

Rencontré dans son bureau, le Dr Mohamed Diakité est revenu sur la genèse du projet :

 « Le projet d’aulacodiculture est né en Guinée forestière avant de s’étendre progressivement à la Haute et à la Basse Guinée. Au départ, tout est parti de la Guinée forestière. Mais face à l’engouement suscité par cette activité, nous avons entrepris d’autres démarches pour étendre le projet à d’autres régions. La vulgarisation a été particulièrement intensive à Moata, où de nombreuses familles ont été installées par l’IRIVAG à Kankan pour soulager la pression sur le site de Moata. Nous formons les bénéficiaires à la fois sur le plan théorique et pratique avant de leur remettre des animaux, une fois leurs abris prêts. Ces formations sont sanctionnées par des attestations. L’objectif est clair : donner à la population les moyens de subvenir à ses besoins alimentaires tout en créant des emplois pour les jeunes et les femmes », a-t-il expliqué.

Le directeur attire également l’attention sur la menace qui pèse sur cette espèce à cause de la chasse excessive et des feux de brousse :

 « La viande d’aulacode est très prisée, au point que l’espèce est aujourd’hui menacée de disparition. Elle est chassée de manière dangereuse, parfois à l’aide d’appâts empoisonnés ou par incendies volontaires. Les animaux nés dans nos fermes sont suivis et traités. En cas de maladie grave, nous procédons à leur isolement ou à leur élimination pour éviter toute contamination. L’aulacodiculture est un levier pour la sécurité alimentaire, la lutte contre le chômage et la réduction de la pauvreté », a-t-il insisté.

De son côté, Sékou Diabaté, secrétaire régional de l’IRIVAG, a rappelé la genèse et la portée du projet, ainsi que sa mission environnementale à travers la domestication de l’espèce :

 « Présent à N’Zérékoré, Kankan, Dubréka et Tanènè, l’Institut a été créé en février 2000 grâce à la coopération guinéo-japonaise, avec l’appui du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Il se consacre à la recherche et à la vulgarisation de l’élevage de l’aulacode. Apprendre aux communautés à élever l’aulacode, c’est réduire la pression sur les forêts et les écosystèmes, souvent dévastés par le braconnage et les feux de brousse. Nous invitons massivement les Guinéens à s’y intéresser et appelons les partenaires techniques et financiers à soutenir cette institution au service du développement national », a-t-il lancé.

Il faut rappeler que l’institut a été créé pour promouvoir l’élevage de l’aulacode, l’Institut se positionne aujourd’hui comme un acteur majeur dans la lutte contre la pauvreté, la malnutrition et la disparition de cette espèce en Guinée.

De N’Zérékoré, Sayon Haba pour Guineesource.com

Tél : +224 610 87 77 44 / 627 21 55 74

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