
Après le décès de Mamadou Diouma Barry, l’un des élèves récemment condamnés pour fraude aux examens, une vive polémique s’est installée sur les réseaux sociaux autour des conditions de détention à la maison centrale de Kindia. Face aux nombreuses réactions, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, est sorti de son silence pour apporter sa version des faits.
Selon le magistrat, contrairement aux informations largement relayées, le jeune détenu n’est pas décédé en prison, mais alors qu’il était déjà pris en charge par sa famille.
<< Mamadou Diouma Barry faisait partie des élèves condamnés pour fraude aux examens. Malheureusement, il est décédé des suites d’une maladie rhumatismale. Mais il n’est pas décédé en prison », a déclaré le procureur devant la presse locale.
Le chef du parquet explique avoir été informé de la dégradation de l’état de santé du détenu par le régisseur de la prison. Il affirme que celui-ci a été conduit à deux reprises à l’hôpital régional de Kindia. Devant la persistance de la maladie, il dit avoir ordonné qu’il soit confié à sa famille afin qu’elle poursuive sa prise en charge médicale.
<< J’ai demandé au régisseur de le remettre à ses parents. Ce sont eux qui l’ont conduit à l’hôpital. Malheureusement, il est décédé. Nous sommes profondément attristés. Personne ne souhaite la mort d’un être humain. Nous aurions préféré qu’il purge sa peine et retrouve ensuite sa place dans la société », a-t-il ajouté.
Interrogé sur la situation des sept autres élèves condamnés dans le même dossier, Mamadou Bhoye Diallo assure qu’ils sont répartis dans des cases distinctes, conformément aux règles pénitentiaires.
Les garçons sont détenus dans la case réservée aux mineurs, tandis que les filles sont placées dans la case des femmes.
<<Lors de ma dernière visite à la prison, je les ai tous rencontrés. À ce moment-là, ils ne formulaient aucune plainte particulière », a indiqué le procureur.
« La prison n’est pas faite pour tuer »
Réagissant aux informations faisant état de l’état de santé préoccupant de certains détenus, notamment une nourrice incarcérée avec son bébé, le procureur a appelé à la prudence face aux informations diffusées sur les réseaux sociaux.
Il affirme que toute personne malade bénéficie d’une prise en charge médicale et qu’aucun détenu ne peut être privé de soins.
<< Je ne peux pas empêcher un malade d’être soigné. La santé passe avant tout. La prison n’est pas faite pour tuer quelqu’un. Elle est destinée à permettre au détenu de se repentir et de réintégrer la société après avoir purgé sa peine », a insisté Mamadou Bhoye Diallo.
Ces déclarations interviennent alors que le décès de Mamadou Diouma Bah continue de susciter de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique sur les conditions de détention des personnes condamnées dans le cadre de la lutte contre la fraude aux examens en Guinée.
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