Crise d’eau en Guinée : Gbato Mamy demande à l’État de retirer les licences aux producteurs qui ne fournissent pas

Depuis l’entrée en vigueur, le 1er octobre 2026, du décret portant interdiction des objets plastiques à usage unique, l’approvisionnement en eau conditionnée connaît des perturbations sur le marché guinéen. Cette situation s’accompagne d’une hausse des prix de certains formats d’eau, dénoncée par plusieurs consommateurs.

Intervenant en marge de la rentrée parlementaire, le député Gbato Mamy estime que les difficultés actuelles pourraient être liées, selon lui, à un « sabotage commercial » de certains opérateurs du secteur.

« Pour moi, c’est un sabotage commercial. Le fait que quelqu’un, par exemple, qui produisait 5 000 paquets d’eau par jour, après l’interdiction des plastiques à usage unique ou alors des emballages plastiques, celui-ci ne peut plus orienter ses efforts dans la production des petites bouteilles d’eau. C’est du sabotage commercial », a déclaré le parlementaire.

Selon Gbato Mamy, les opérateurs auraient disposé d’un délai suffisant pour se préparer à l’entrée en vigueur de la mesure. Il estime ainsi que les difficultés actuelles ne devraient pas servir de prétexte à une perturbation de l’approvisionnement.

Le député évoque également une hausse importante du prix de l’eau conditionnée.

« Aujourd’hui, après l’interdiction des emballages plastiques, nous constatons la réalité des bidons d’eau sur le marché. Et cela amène les gens à une augmentation de 60 à 70 % du prix normal qu’on utilisait pour le sac d’un paquet d’eau en bidon », a-t-il affirmé.

Gbato Mamy demande des sanctions

Face à cette situation, l’élu appelle le gouvernement à prendre des mesures contre les entreprises disposant d’autorisations de production mais qui, selon lui, ne seraient pas en mesure d’assurer l’approvisionnement du marché.

« Les industries qui ont des documents de licence, je veux dire, qui leur permettent de produire de l’eau et qui ne sont pas en train de produire, il faut simplement retirer ces documents, les octroyer à d’autres personnes qui sont en mesure de servir la population », a-t-il proposé.

Pour Gbato Mamy, l’État devrait également soutenir les producteurs capables d’augmenter leur capacité de production afin de répondre à la demande.

Le député défend par ailleurs le principe de l’interdiction des plastiques à usage unique, qu’il présente comme une mesure nécessaire au regard de leurs conséquences environnementales.

Il cite notamment les inondations enregistrées à N’Zérékoré, où il affirme avoir constaté sur le terrain l’accumulation de déchets plastiques dans les caniveaux et les cours d’eau.

« Chez moi par exemple à N’Zérékoré, pendant mon séjour, il y a eu de l’inondation. […] Ce ne sont que ces déchets plastiques-là qui ont causé des blocages sur les lits d’eau », a-t-il déclaré.

Tout en reconnaissant les difficultés engendrées par la transition, le parlementaire estime que l’État doit veiller à ce que l’application de la mesure environnementale ne se traduise pas par une pénurie durable d’eau.

« Si le gouvernement, voyant ces conséquences, prend des dispositions comme le Sénégal l’a fait, la Côte d’Ivoire l’a fait, les gens qui viennent dans le sens de saboter cela, ils doivent être punis, ils doivent être sanctionnés à la hauteur de leur poursuite », a conclu Gbato Mamy.

Il recommande ainsi à l’État de mobiliser les moyens nécessaires pour accompagner les producteurs disposés à augmenter leur offre et garantir l’accès des populations à l’eau à des prix abordables.

Guineesource

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