
L’éboulement survenu dans une carrière de sable de Sempétin, dans la préfecture de Labé, dépasse désormais le simple cadre d’un fait divers. Après deux jours de recherches infructueuses pour retrouver Boubacar Diallo, 26 ans, enseveli sous une importante masse de sable, les autorités ont suspendu les opérations et ordonné la fermeture provisoire du site. Un drame qui remet au premier plan la question de la sécurité dans les carrières artisanales à travers le pays.
Le mardi 14 juillet, le jeune exploitant a été surpris par un éboulement alors qu’il extrayait du sable dans cette carrière située dans le district de Sempétin, commune rurale de Hafia. Malgré la mobilisation des autorités, des services de sécurité et de nombreux volontaires, les recherches n’ont pas permis de le retrouver.
Selon le maire de la commune rurale de Hafia, Thierno Abou Diallo, un nouvel éboulement survenu pendant les opérations de secours a contraint les autorités à mettre fin aux recherches afin d’éviter d’autres pertes humaines.
« Les jeunes se sont mobilisés jour et nuit. Nous avons même tenté de faire venir un engin, mais il n’a pas pu accéder au site. Lorsqu’un second éboulement est survenu, les autorités ont estimé qu’il était trop dangereux de poursuivre les recherches. En accord avec la famille, la décision a été prise de suspendre les opérations », a-t-il confié à Guineesource.com.
Au-delà de l’émotion suscitée par ce drame, cette tragédie pose une question de fond : combien de carrières artisanales fonctionnent encore en Guinée sans véritable dispositif de sécurité ? Dans plusieurs régions du pays, l’extraction de sable constitue une activité économique essentielle pour de nombreux jeunes. Pourtant, ces sites sont souvent exploités sans encadrement technique, avec des parois instables exposant quotidiennement les travailleurs à des risques d’éboulement.
La fermeture de la carrière de Sempétin apparaît comme une mesure d’urgence. Mais elle soulève également un défi plus large : celui du contrôle des sites d’extraction et de la mise en place de normes de sécurité pour prévenir de nouveaux drames.
L’accident de Labé rappelle ainsi que la question ne concerne pas uniquement une localité. Elle interpelle les autorités nationales sur la nécessité de mieux encadrer l’exploitation artisanale des carrières, afin que la recherche d’un revenu ne se transforme plus en condamnation à mort.
Depuis Labé, Thierno Sadou pour Guineesource.com.