
Les fortes pluies enregistrées dimanche 27 septembre 2026 à N’Zérékoré ont provoqué une importante montée des eaux de la rivière Tilé, faisant sortir le cours d’eau de son lit et inondant plusieurs zones de la commune urbaine. Des habitations et des commerces ont été touchés, des véhicules submergés et plusieurs habitants pris au piège. Face à cette situation, le maire Germain Tavaguez Kolié appelle les populations installées dans les zones à risque à envisager leur départ et sollicite un appui des autorités pour aménager et curer le lit de la rivière Tilé.
La situation reste préoccupante à N’Zérékoré au lendemain des importantes inondations provoquées par les pluies. Dans plusieurs quartiers riverains de la Tilé, les eaux ont envahi des habitations et causé d’importants dégâts matériels.
Pour le maire de la commune urbaine, Germain Tavaguez Kolié, l’ampleur de cette crue constitue un signal d’alerte majeur. Il affirme n’avoir jamais observé une telle montée des eaux depuis son arrivée à la tête de la commune.
« Le constat est très alarmant. Vous l’avez constaté vous-même. C’est dommage parce que ces personnes-là, notamment les riverains, ont été alertées plusieurs fois par de petites inondations, puisque l’inondation de ce matin dépasse toutes les autres. Depuis que je suis à N’Zérékoré, je n’ai jamais vu pareille situation. C’est la première fois que la rivière Tilé déborde à ce point », a déclaré le maire.
Selon lui, plusieurs bâtiments et biens ont été touchés, tandis que des véhicules ont été submergés. À ce stade, aucune perte en vie humaine n’a toutefois été signalée par la mairie.
« On a des dégâts matériels qu’il faut enregistrer : des bâtiments qui sont tombés, des biens et des voitures qui ont été inondés. Et le seul point positif, c’est qu’à ce jour, on n’a pas encore enregistré de pertes en vies humaines. Mais c’est un signal fort que la nature nous envoie », a-t-il ajouté.
Face à la récurrence des inondations, l’autorité communale invite les habitants installés le long des berges et dans les bas-fonds à envisager leur installation dans des zones plus sûres.
Le maire explique que certaines habitations ont été construites dans des espaces initialement destinés à d’autres usages et qui, au fil du temps, ont été transformés en lieux d’habitation.
« Ce qu’on peut dire à la population de N’Zérékoré, surtout aux habitants des berges et des bas-fonds situés le long de la rivière Tilé, c’est de faire le nécessaire pour trouver un autre endroit approprié pour construire, s’installer et y vivre », a-t-il recommandé.
Une opération de recensement des habitations exposées est envisagée avec les services de l’urbanisme et de l’habitat, en collaboration avec les autorités administratives.
« Nous pouvons accorder une attention particulière à ces habitations pour pouvoir les sensibiliser et leur faire prendre conscience du danger qu’ils courent s’ils restent toujours dans ces endroits. Et ensuite, nous pouvons prendre des mesures plus dures », a prévenu Germain Tavaguez Kolié.
Au-delà des fortes précipitations, le maire met également en cause certains comportements qui, selon lui, contribuent à aggraver les risques d’inondation. Il cite notamment le déversement des déchets dans la rivière Tilé.
« Ce sont généralement les mêmes riverains qui déversent les déchets, parce que c’est plus facile et plus rapide. Ils sortent de leur maison, ils voient une rivière qui coule, ils mettent un carton dedans et, directement, c’est parti », déplore-t-il.
Germain Tavaguez Kolié dénonce également le comportement de certains conducteurs de taxi-moto qui, selon lui, ont entravé le passage des véhicules de secours pendant les opérations d’intervention.
« Lorsqu’on voit une ambulance ou un véhicule de secours en intervention, avec les sirènes qui retentissent, il faut libérer le passage et céder la priorité, parce qu’on est en train de secourir une personne dont la vie peut être en danger », a-t-il rappelé.
Dans ce contexte, le maire salue l’intervention des sapeurs-pompiers, qui ont procédé à plusieurs opérations de sauvetage dans les zones fortement touchées. Parmi les interventions évoquées, celle d’une femme enceinte qui a accouché alors que son domicile était déjà envahi par les eaux. Le nouveau-né a ensuite été évacué vers un centre de prise en charge.
« Il faut remercier et féliciter nos sapeurs-pompiers, parce que dès le matin, des habitants étaient pris au piège sur leur toit. Les pompiers ont déployé des pirogues de secours dans les zones inondées et ont pu sauver ces personnes-là », a témoigné le maire.
Il affirme avoir lui-même participé à l’évacuation du nouveau-né.
« J’ai personnellement participé à l’évacuation de l’enfant vers les urgences, au centre néonatal, où l’enfant a été pris en charge et réanimé. À l’instant, le bébé et sa maman se portent bien », a-t-il rassuré.
Au lendemain des inondations, la mairie indique qu’il est encore trop tôt pour établir un bilan définitif des dégâts. Des équipes de l’ANGUCH, de l’urbanisme et de la mairie sont mobilisées pour identifier les zones touchées et évaluer les dommages.
« Pour le moment, il est encore difficile et prématuré de parler d’un bilan officiel. Il y a déjà l’ANGUCH sur le terrain, avec une équipe de l’urbanisme et de la mairie, pour mener les enquêtes et évaluer les dégâts », a précisé Germain Tavaguez Kolié.
Selon le maire, la violence des eaux a également affecté certaines infrastructures routières.
« Même la chaussée, par endroits, a été arrachée sous la force des eaux. Et on a constaté que beaucoup de maisons ont été emportées », a-t-il ajouté.
Pour prévenir de nouvelles inondations, l’autorité communale estime que des travaux importants doivent être réalisés sur la rivière Tilé. Mais la mairie dit ne pas disposer, à elle seule, des moyens nécessaires.
« Nous lançons un appel à toutes les autorités au plus haut niveau, parce que si cette situation devait rester à la seule charge de la mairie, nous avons déjà assez de problèmes. Nous demandons secours et assistance aux autorités à tous les niveaux », a déclaré le maire.
Il rappelle que la commune avait déjà engagé des opérations de salubrité et d’assainissement autour de la rivière, mais estime que les besoins dépassent largement les capacités locales.
« Ça ne va pas être seulement la mairie, parce qu’on n’a pas les moyens de curer totalement le lit de cette rivière-là. Il faut un appui conséquent pour pouvoir faire ce travail et prévenir ce genre d’inondations », a lancé Germain Tavaguez Kolié.
De N’Zérékoré, Jean Loua pour Guineesource.com