Kassory et Damaro évacués : Mamadi Doumbouya sort du silence et assume une décision « à titre exceptionnel »

Le président de la République, Mamadi Doumbouya, s’est directement exprimé ce samedi 19 septembre 2026 sur le départ à l’étranger de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et de l’ex-président de l’Assemblée nationale Amadou Damaro Camara, tous deux concernés par des procédures judiciaires.

Dans un message publié sur sa page officielle Facebook, le chef de l’État affirme avoir personnellement autorisé leur évacuation sanitaire, invoquant des « raisons exclusivement sanitaires » et présentant cette décision comme une mesure exceptionnelle fondée sur des considérations humanitaires.

« Les décisions de justice conservent leur autorité »

Mamadi Doumbouya commence par rappeler que les décisions rendues par la justice guinéenne à l’encontre des deux anciens responsables restent en vigueur.

Selon lui, leur évacuation médicale ne remet pas en cause les procédures judiciaires ni les décisions déjà rendues. « Aucune d’entre elles n’est effacée, aucune n’est révisée, aucune n’est négociée », affirme-t-il, réitérant le principe selon lequel « nul n’est au-dessus de la loi ».

Une décision présentée comme « un acte d’humanité »

Le président explique avoir été informé et documenté sur l’état de santé des deux anciens responsables. Il dit avoir estimé que, face à la souffrance humaine, « la République ne pouvait détourner le regard ».

Il affirme ainsi avoir autorisé leur évacuation vers des structures médicales appropriées, tout en précisant que cette mesure « n’est ni une amnistie, ni une grâce, ni un arrangement ».

« Elle est un acte d’humanité, assumé devant vous », écrit-il.

Amadou Damaro Camara a quitté la Guinée le 16 septembre à destination des États-Unis pour des soins. Ibrahima Kassory Fofana l’a suivi le 18 septembre, à destination de Paris, à bord d’un vol médicalisé, selon son avocat. Ces départs faisaient suite à l’autorisation de sortie du territoire accordée par le parquet spécial près la CRIEF pour des raisons médicales.

Appel à une justice sans « haine » ni « acharnement »

Dans son message, Mamadi Doumbouya affirme vouloir une Guinée capable de « juger sans haine » et de « sanctionner sans acharnement ».

Le chef de l’État associe cette position à son discours sur la réconciliation nationale, qu’il présente non comme un effacement du passé judiciaire, mais comme la possibilité pour les Guinéens de « regarder ensemble vers l’avenir, une fois la vérité établie et la justice dite ».

Il appelle enfin à concentrer les efforts sur les priorités sociales et économiques, notamment l’éducation, la santé, l’accès à l’eau et à l’électricité ainsi que l’emploi des jeunes.

« Notre pays entre dans une ère décisive », écrit-il, appelant les Guinéens à rester « unis, apaisés, tournés vers le travail et la construction ».

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