Nouvelle ère à la Justice ? Les attentes de Me Théodore Michel Loua après la nomination d’Ibrahima Sory II Tounkara

La nomination du magistrat Ibrahima Sory II Tounkara au poste de Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme continue de susciter de nombreuses réactions au sein du monde judiciaire guinéen. Parmi les voix les plus attendues, celle de Maître Théodore Michel Loua, avocat au barreau de Guinée, qui exprime une satisfaction prudente, assortie d’attentes majeures quant à l’avenir de la justice en Guinée.

Dans un entretien accordé à la rédaction locale de Guineesource.com à N’Zérékoré, l’avocat salue une nomination qu’il juge fondée sur le parcours et les compétences du nouveau ministre, tout en soulignant les défis considérables liés à l’exercice d’une fonction désormais politique.

Maître Théodore Michel Loua ne cache pas sa satisfaction à l’annonce de cette désignation. Ayant côtoyé le magistrat dans l’exercice de ses fonctions, notamment lors des audiences criminelles liées aux événements du 28 septembre 2009 et durant son passage à la tête du tribunal de première instance de Macenta, l’avocat dit apprécier la rigueur et la sagesse du nouveau ministre.

« Je suis enchanté de la nomination d’un jeune magistrat que j’ai suivi, connu et pratiqué. C’est quelqu’un qui, au-delà de la sérénité qu’il observe dans sa vie professionnelle, incarne une certaine sagesse », a-t-il déclaré.

Pour Me Loua, cette nomination n’est nullement le fruit du hasard. Elle serait le résultat d’un parcours éprouvé et d’une confiance acquise à travers la gestion de dossiers sensibles.

Toutefois, l’avocat souligne que le passage du statut de magistrat judiciaire à celui de ministre de la Justice constitue un véritable tournant. Selon lui, la principale interrogation réside dans la capacité du nouveau ministre à préserver son indépendance face aux pressions politiques.

« L’examen judiciaire des dossiers est différent de l’examen pénal en politique. La grande question est de savoir s’il résistera aux influences et aux ordres manifestement illégaux qui pourraient lui être donnés », s’interroge-t-il.

Citant Abraham Lincoln, Me Loua rappelle que l’exercice du pouvoir est souvent révélateur de la véritable personnalité d’un homme. Pour lui, la fonction de ministre de la Justice mettra à l’épreuve la capacité d’Ibrahima Sory II Tounkara à rester fidèle aux principes de l’État de droit.

Au-delà des considérations institutionnelles, l’avocat fonde de grands espoirs sur l’ouverture de procédures judiciaires concernant des violations des droits de l’homme restées jusque-là sans suite.

Il cite notamment les événements de Zogota (2013) et ceux du 1er décembre à N’Zérékoré, ainsi que des faits plus récents liés aux disparitions forcées et aux interpellations illégales.

« La question est de savoir s’il sera capable d’engager des poursuites contre les présumés auteurs de violations des droits de l’homme connues de tous. C’est à ce prix que la justice retrouvera son vrai sens », a insisté Me Loua.

Pour l’avocat, ces actions sont indispensables pour restaurer la confiance des citoyens et redorer l’image de la Guinée sur le plan national et international.

En définitive, Maître Théodore Michel Loua estime que la nomination d’Ibrahima Sory II Tounkara ouvre une nouvelle page pour la justice guinéenne. Une page porteuse d’espoir, mais dont l’écriture dépendra de la capacité du nouveau ministre à concilier exigences légales, indépendance judiciaire et responsabilités politiques.

De N’Zérékoré, Jean Loua pour Guineesource.com

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