
Par Gilbert Yoma Neyo Tinguiano, journaliste et éditorialiste.
La République de Guinée vient de franchir une étape cruciale de son histoire politique. Après des mois d’attente, d’espoirs et de débats parfois houleux, le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, a enfin promulgué la nouvelle Constitution. Cet acte solennel marque la fin d’une transition et l’ouverture d’un nouveau chapitre pour notre nation.
Mais une Constitution, aussi bien rédigée soit-elle, ne vaut que par l’usage qu’on en fait. C’est un socle, pas une finalité. Désormais, la Guinée doit bouger. Avancer. Construire.
Un cadre nouveau, des attentes immenses
Avec cette Constitution, les bases d’une refondation républicaine sont posées : séparation des pouvoirs, renforcement des droits fondamentaux, nouvelles règles du jeu politique… C’est une promesse. Une promesse de rupture avec les pratiques du passé, de consolidation de l’État de droit, et de gouvernance responsable.
Mais les Guinéens ne se nourrissent pas de promesses. Ils veulent voir le changement, le vivre. Ils veulent un État qui protège, qui agit, qui développe. Une administration qui sert, non qui freine. Des institutions crédibles, non inféodées. Une justice impartiale, non instrumentalisée.
L’heure de vérité pour les acteurs politiques et sociaux
Il est donc temps que toutes les forces vives du pays — partis politiques, société civile, médias, secteur privé — prennent leurs responsabilités. La transition n’aura servi à rien si elle ne débouche pas sur une démocratie véritablement fonctionnelle, inclusive et apaisée.
Le retour à l’ordre constitutionnel ne doit pas être un simple slogan. Il doit se traduire par des actes : l’organisation d’élections libres et transparentes, la protection des libertés publiques, et surtout, la mise en œuvre des réformes attendues depuis trop longtemps.
Un peuple vigilant, un avenir à construire
Les Guinéens ont trop souvent été déçus, trahis ou ignorés. Cette fois, ils observent. Ils jugeront aux actes. La promulgation de la Constitution est un signal fort, mais ce n’est que le début. La marche vers une Guinée juste, unie et prospère ne fait que commencer.
La balle est désormais dans le camp des dirigeants. L’histoire est en train de s’écrire. Qu’elle soit enfin celle du progrès partagé et de la dignité retrouvée.
La Guinée doit bouger. Et elle doit bouger dans la bonne direction.
Gilbert Yoma Neyo Tinguiano, journaliste et éditorialiste.