
Le collectif des avocats du Commandant Aboubacar Diakité, dit Toumba, est monté au créneau après le transfèrement de leur client de la maison centrale de Conakry vers la prison civile de Coyah. Dans un communiqué rendu public, les conseils du condamné dénoncent une décision qu’ils jugent « contraire au droit positif guinéen » et « attentatoire aux garanties fondamentales ».
Selon le collectif, c’est le 9 février 2026 que l’information d’une éventuelle extraction de leur client vers une destination inconnue a circulé sur les réseaux sociaux. Un membre des avocats s’est aussitôt rendu à la maison centrale de Conakry pour en vérifier la véracité. À son arrivée, il aurait été empêché d’accéder à l’établissement pénitentiaire, des instructions interdisant toute visite, y compris aux avocats, ayant été données.
Toujours d’après le communiqué, le même avocat s’est ensuite rendu au bureau du Procureur général près la Cour d’appel de Conakry. Ce dernier aurait indiqué avoir également appris l’information via les réseaux sociaux, avant de donner des instructions permettant à l’avocat de rencontrer son client. L’entretien se serait déroulé « dans un climat apaisé ».
Mais le lendemain, 10 février 2026, les avocats affirment avoir appris un nouveau transfèrement en cours. Saisissant à nouveau le Procureur général, celui-ci aurait confirmé que la destination était la prison civile de Coyah, sans toutefois répondre à la question relative à l’autorité signataire de l’ordre d’extraction.
Une décision jugée illégale
Le collectif rappelle que le Commandant Aboubacar Diakité a été condamné le 31 juillet 2024 à 10 ans d’emprisonnement par le Tribunal de première instance de Dixinn. Placé en détention provisoire depuis le 14 mars 2017, il aurait déjà purgé 8 ans, 10 mois et 27 jours de sa peine, bien que la décision soit frappée d’appel.
Les avocats estiment que tout incident relatif à l’exécution d’un jugement doit être soumis à la juridiction compétente, conformément aux articles 1113, 1019 et 1020 du Code de procédure pénale. Ils considèrent que l’administration pénitentiaire ne peut décider un transfèrement sans décision judiciaire préalable, dès lors qu’une telle mesure affecte la situation juridique et les droits de la défense du condamné.
À leurs yeux, en l’absence d’un titre légal justifiant sa détention à Coyah, ce transfèrement « s’analyse en une mesure arbitraire » et viole notamment le principe de légalité de la détention et le droit à un recours effectif.
Exigences du collectif
Dans leur déclaration, les avocats exigent :
La cessation immédiate de la mesure qu’ils jugent irrégulière ;
Le retour sans délai de leur client à la maison centrale de Conakry ;
La clarification sur le fondement juridique du transfèrement.
Ils dénoncent enfin une pratique susceptible, selon eux, de « fragiliser l’autorité de la justice » et de porter atteinte à la sécurité juridique des justiciables.
À ce stade, aucune réaction officielle de l’administration pénitentiaire n’a été rendue publique.
Rédaction