
La rentrée des classes, fixée au lundi 6 octobre 2025 par le ministère de l’Enseignement préuniversitaire et de l’Alphabétisation, se prépare dans un climat tendu. À N’Zérékoré, parents et tuteurs tirent la sonnette d’alarme : entre frais de scolarité, uniformes et fournitures scolaires, la flambée des prix met à rude épreuve les ménages. Ce mardi 30 septembre, rencontrés dans les marchés de la ville, plusieurs d’entre eux ont appelé l’État à prendre des mesures pour soulager les familles en difficulté.
Trouvé en plein cœur du marché central de N’Zérékoré en train d’acheter les fournitures scolaires de ses enfants, Francis Noramou, professeur de biologie au collège de Böola, dépeint une situation alarmante :

« Ce n’est pas tout à fait facile, parce que le marché est cher, les coûts sont variés et élevés. Nous entrons dans une nouvelle phase de notre histoire, et l’on espère que l’État prendra, avec le temps, des dispositions pour venir en aide aux parents d’élèves. Pour l’instant, ce n’est pas évident, car tous les parents n’ont pas les mêmes moyens. À cause de cela, certains enfants ne pourront pas aller en classe faute de fournitures. Un élève qui n’a ni cahier ni tenue scolaire aura du mal à s’intégrer, ce qui peut le pousser à abandonner les études. Aujourd’hui, les parents souffrent pour offrir ces fournitures. Il revient donc aux enfants de se concentrer sur les études, car ce n’est pas facile. Un parent peut même s’endetter pour payer la scolarité ; à l’enfant alors de prendre l’école au sérieux et d’honorer ses parents », a fait savoir Francis Noramou.
Par ailleurs, Eugénie Lamah, mère de famille, souligne l’écart entre les coûts et les revenus :

« Heureusement que les salaires sont tombés, sinon cette rentrée nous aurait coûté très cher. Tout est cher au marché : les sacs pour enfants coûtent entre 70 000 et 80 000 GNF, les tenues aussi. Je demande aux autorités guinéennes de venir en aide aux familles démunies, surtout à celles qui ne sont pas fonctionnaires. Je conseille aussi aux enfants d’être sérieux dans leurs études. Dieu merci, les examens se sont bien passés cette année », s’est-elle réjouie.
Quant à Fassou Yékouyamou, maître maçon, se dit également préoccupé :

« Je suis venu acheter des cahiers, car j’avais déjà acheté les autres fournitures depuis le mois d’août. Mais les prix sont très élevés, alors que les moyens manquent. Nous demandons aux commerçants de revoir leurs prix à la baisse, pour que ce soit plus abordable. Aux élèves, je dis : prenez vos études au sérieux. La scolarité et les kits scolaires coûtent très cher, donc ne gaspillez pas ces sacrifices », a-t-il exprimé.
De son côté, Gobou Rose Plégnémou, élève en terminale sciences expérimentales, partage les inquiétudes de ses parents :

« Nous constatons que les prix sont très élevés au marché. Un sac peut commencer à 100 000 GNF, ce n’est pas normal. Nous demandons aux commerçants de baisser les prix pour aider les parents. Je lance aussi un appel aux autorités pour soutenir les élèves dont les parents n’ont pas les moyens. Et à mes camarades, je dis : prenez courage, travaillez dur, car le travail paie toujours » a invité Gobou Rose Plégnémou.

De N’Zérékoré, Sayon Haba et Marc Koïkoï Traoré pour Guineesource.com
Tel : (+224) 610 87 77 44/627 21 55 74