La bougie et le chapelet sont deux objets emblématiques de la liturgie catholique. Leur usage dans les pratiques religieuses n’est pas anodin : ils véhiculent des messages spirituels profonds. Pour mieux comprendre leur signification, la rédaction locale de Guineesource.com, basée dans la région forestière, a rencontré l’Abbé Jean Baptiste Dimifin Ouendéno, curé de la paroisse Saint Jean Marie Vianney de Mohomou, à N’Zérékoré.

Dans cet entretien, le prêtre explique la symbolique de ces objets et lance un appel à la tolérance entre les confessions religieuses.
La bougie : une lumière qui interpelle le chrétien

« Nous n’allumons pas la bougie juste pour sa flamme. Ce qui nous intéresse, c’est sa lumière. La bougie en tant que matière n’a pas d’importance, mais une fois allumée, elle symbolise Dieu, qui est lumière, et le Christ, qui est aussi lumière », explique l’Abbé Ouendéno.
Selon lui, dès la création du monde, la lumière a été la première œuvre de Dieu. Elle révèle la beauté de l’humanité et manifeste la présence divine. « La lumière nous rappelle que le Christ est venu éclairer chaque homme. Elle symbolise donc la mission du chrétien dans le monde. »
Le prêtre insiste aussi sur l’impact spirituel de la bougie : « Lors des veillées mariales, des fêtes pascales ou de la présentation du Seigneur, l’usage de la bougie a un sens profond. Elle nous invite à être lumière partout où nous sommes : à donner l’exemple, à témoigner de la vérité, à promouvoir la paix et la justice. »
Pour lui, cette lumière reçue au baptême n’est pas facultative : « C’est un impératif. Tout chrétien est appelé à refléter cette lumière dans sa vie quotidienne, à combattre les ténèbres, à être un modèle. »
Le chapelet : une communion avec Marie pour méditer le Christ

Abordant ensuite le chapelet, l’Abbé Ouendéno en retrace brièvement l’histoire et le sens. « Dès les premiers siècles, les fidèles ont ressenti le besoin de manifester leur attachement à la Vierge Marie, par qui le Christ est venu dans le monde. »
Il explique que l’origine du mot « rosaire » viendrait des roses déposées autrefois aux pieds des statues de Marie lors des prières. Ces gestes se sont transformés avec le temps en récitations de prières répétitives, accompagnées de méditations sur les mystères du Christ.
« Il n’y a pas de rosaire sans méditation du Christ. En priant avec Marie, nous contemplons la vie du Sauveur. C’est un moyen de se rapprocher de Dieu à travers celle qui a porté le Christ. Comme on le dit souvent : on ne peut pas aimer le fruit sans honorer l’arbre. Marie est cet arbre qui nous a donné le fruit de vie », explique-t-il.

Pour lui, le chapelet est donc une voie d’union avec la Vierge Marie, mais aussi une école de prière chrétienne profonde. « À travers le chapelet, nous nous mettons à l’école de Marie, pour mieux suivre le Christ. Nous croyons que la Vierge peut encore intercéder pour nous, comme elle l’a fait à Cana. »
Un appel à la tolérance interreligieuse
Enfin, l’Abbé Jean Baptiste Dimifin Ouendéno lance un appel à la tolérance et au respect des croyances de chacun :
« J’invite tout le monde à éviter les querelles doctrinales. Chaque personne s’attache à une foi parce qu’elle y trouve un sens. Nous, catholiques, sommes attachés à la Vierge Marie parce que nous croyons qu’elle a une place importante dans notre salut. Il faut respecter la foi des autres dans leur dignité. »

De N’Zérékoré, Bruno Lamah pour Guineesource.com