
Les conditions de vie des citoyens guinéens deviennent de plus en plus précaires en cette période hivernale. Sur les marchés, la population fait face à une pénurie et à une flambée des prix de plusieurs denrées de première nécessité. Après le ciment, l’huile rouge et d’autres produits alimentaires, c’est désormais le sucre qui se fait rare à N’Zérékoré.
Selon des témoignages recueillis ce jeudi 24 juillet 2025 au grand marché, principal centre d’affaires de la région forestière, un sac de 50 Kg de sucre est actuellement vendu jusqu’à 620 000 francs guinéens, contre 380 000 à 400 000 FG il y a encore quelques semaines.

Interrogé sur ce sujet, Joseph Konomou, commerçant détaillant rencontré au marché central, déplore cette situation préoccupante.« Actuellement, le sucre est rare sur le marché. Même dans les grands magasins, il est difficile d’en trouver. Cela fait près d’une semaine que les stocks sont épuisés. Cette rareté a entraîné une flambée des prix. Aujourd’hui, un sac de 50 Kg se vend jusqu’à 620 000 FG. Auparavant, on l’achetait entre 380 000 et 400 000 FG. Les commerçants expliquent cette hausse par l’état dégradé des routes et la baisse du nombre de véhicules de transport. J’appelle les autorités à agir pour soulager la population», a-t-il plaidé.

Même son de close chez Mohamed Diaby, étudiant et vendeur dans une boutique du marché central qui dresse le même constat.« Ce problème ne touche pas que N’Zérékoré, il commence déjà à Conakry. Quand on appelle nos fournisseurs, ils nous disent qu’il n’y a pas de stock. Ceux qui en ont vendent à prix élevé. Ce que nous achetions à 350 000 FG est désormais proposé à plus de 450 000 FG. Et une fois arrivé ici, avec le coût du transport, il faut vendre à 600 000 FG ou plus. La farine aussi est concernée. Certains disent que cette crise est liée au manque de magasins de stockage, d’autres à la priorité donnée au transport minier vers Simandou», a-t-il fait savoir.

Assise derrière sa marchandise, Mariame Souaré, commerçante, confirme cette flambée des prix. « Avant, on achetait le sac de sucre à 350 000 FG. Aujourd’hui, c’est entre 600 000 et 620 000 FG. Cela nous pénalise. Un kilo qu’on vendait entre 8 000 et 10 000 FG est maintenant à 14 000 ou 15 000 FG. Certains détaillants vont jusqu’à 20 000 FG. À ce rythme, on n’arrive plus à écouler nos produits. L’État doit intervenir pour réguler les prix», a-t-elle interpellé.
Même inquiétude chez Mamadou Oury Diallo, élève en 11e année, rencontré dans la boutique familiale. « Le prix du sucre a vraiment explosé. Avant, on vendait le kilo entre 9 000 et 10 000 FG. Aujourd’hui, c’est 15 000 FG, voire 20 000 FG chez certains. Le sac est passé de 380 000 à 600 000 FG. Cela choque les clients. Ils croient qu’on exagère. Le mauvais état des routes et le coût élevé du transport aggravent la situation. Nous espérons que les autorités feront quelque chose>>, a-t-il espéré.
De N’Zérékoré, Jean Loua pour Guineesource.com