
Le dossier de la fillette de 13 ans excisée à Moata, dans la sous-préfecture de Yalenzou (N’Zérékoré), continue de susciter des réactions. Après la condamnation à un mois de prison ferme des femmes poursuivies pour cet acte, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer la clémence de la justice. Parmi elles, celle de Mme Hélène KolKol Zogbélémou, présidente de l’ONG Humanitaire pour la Protection de la Femme et de l’Enfant, qui estime que la peine infligée ne reflète pas la gravité des faits.
Au micro de Guineesource.com ce lundi 8 septembre 2025, Hélène KolKol Zogbélémou, présidente de l’ONG Humanitaire pour la Protection de la Femme et de l’Enfant, estime que cette condamnation ne reflète pas la gravité des faits :

« Un mois de prison, c’est trop peu. La petite a été admise d’urgence à l’hôpital et a subi une intervention chirurgicale. Ces femmes-là méritaient une sanction plus sévère », affirme-t-elle, rappelant que le crime commis reste un crime, quel qu’en soit l’auteur.
Pour Mme Zogbèlèmou, si ce jugement marque un tournant car jusque-là les exciseuses ont été condamnées avec sursis ou à de simples amendes, il reste insuffisant. Elle a toutefois salué l’engagement des ONG locales, en particulier celui de l’ONG Humanitaire pour la Protection de la Femme et de l’Enfant, qui se sont mobilisées autour de ce dossier afin de se constituer partie civile. « C’est un pas en avant, mais il faut aller plus loin », insiste-t-elle.
La présidente de l’ONG souligne également le rôle décisif joué par la communauté. C’est un habitant de Yalenzou qui a alerté son organisation, permettant une intervention rapide et une action en justice : « Avant, les gens avaient peur de dénoncer. Aujourd’hui, les appels se multiplient. Même si c’est parfois sous anonymat, cela prouve que la sensibilisation porte ses fruits », explique madame Zogbélémou.
Elle plaide cependant pour un verdict plus exemplaire, espérant que l’appel annoncé par l’avocat de la famille permettra un transfert du dossier vers Kankan.

« Nous accompagnerons cette démarche, car une peine plus lourde est nécessaire pour que cela serve de leçon aux éventuels auteurs », insiste-t-elle, tout en rappelant que « l’excision n’est pas une valeur africaine, mais une mutilation qui réduit la dignité de la femme ».
Pour terminer, Hélène KolKol Zogbèlèmou, présidente de l’ONG Humanitaire pour la Protection de la Femme et de l’Enfant, appelle les familles et les autorités à se mobiliser davantage pour mettre fin à cette pratique : « Dieu ne s’est pas trompé en donnant à la femme son intégrité physique. La mutiler, c’est l’amoindrir. Chaque dénonciation, chaque condamnation, nous rapprochons de l’éradication définitive de l’excision en Guinée », martèle-t-elle avec conviction.
De N’Zérékoré, Sayon Haba pour Guineesource.com
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