
Depuis plusieurs jours, une pénurie de farine frappe la ville de N’Zérékoré, entraînant une hausse inquiétante des prix sur le marché. Cette situation met à rude épreuve les boulangers, qui peinent à poursuivre leurs activités et à subvenir aux besoins de leurs familles. Ce samedi 26 juillet 2025, la rédaction de Guineesource.com s’est rendue au grand marché de N’Zérékoré pour rencontrer ces professionnels de la boulangerie durement touchés par la crise.
Alignés devant une boutique censée recevoir un nouveau stock de farine, plusieurs boulangers espèrent pouvoir acheter quelques sacs afin de relancer leur production.

Mamadou Alpha Baldé, boulanger. « Nous sommes venus chercher de la farine, car on nous a dit qu’un camion venait d’arriver. Je suis dans la file pour espérer obtenir au moins cinq sacs. Le prix varie selon les vendeurs. Ici, le sac se vend à 410 000 GNF, ailleurs c’est à 450 000. Avant, on l’achetait à 380 000 GNF. Pour le moment, nous n’avons encore rien reçu. »

Mamadou Aliou Galifo, boulanger. « Cela fait dix jours que nous ne travaillons pas, faute de farine. Je suis ici depuis 7h du matin, mais je n’ai toujours pas pu en avoir. On nous a demandé de nous inscrire pour que chacun reçoive cinq sacs. Le prix a grimpé : actuellement, c’est 410 000 GNF contre 375 000 avant la crise. Ce manque de farine nous fait très mal. Nous n’avons pas d’autre métier, c’est de ça que vivent nos familles. »

Certains boulangers dénoncent également la flambée des prix chez certains commerçants peu scrupuleux.
Mohamed Djibril Barry, boulanger. « Cela fait quatre jours que je n’ai pas eu de farine. Certains commerçants vendent le sac à 600 000, voire 610 000 GNF. Je suis ici depuis 7h, et je n’ai toujours rien reçu. On souffre vraiment. »

Mamadou Baïlo Sow, boulanger. « Cela fait une à deux semaines que la farine manque à N’Zérékoré. Nous venons au marché chaque jour avec l’espoir d’en trouver, mais c’est très difficile. »
Face à cette situation, Baldé Mamadou Alpha lance un appel à l’endroit des autorités locales et nationales. « J’appelle les autorités à envoyer de la nourriture pour la population. Sans pain, on ne peut pas vivre ici en Guinée. Le pain est la première nourriture. Même si tu manges du riz, il faut du pain pour accompagner ton café ! »
Propos recueillis par : Aimé Marie Loua – Guineesource.com