
Nommé à la tête de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Mamadou Saliou Diakité a officiellement pris fonction ce mercredi 28 octobre 2026, à l’issue d’une cérémonie de passation de service avec son prédécesseur, Francis Kova Zoumanigui. Le nouveau président promet de consolider les acquis de l’institution et de garantir une justice transparente, équitable et respectueuse des droits des justiciables.
La cérémonie s’est déroulée dans la salle d’audience de la CRIEF, sous la présidence de l’inspecteur général du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, en présence de proches des deux magistrats et de cadres de l’institution.
Après deux années à la tête de cette juridiction spécialisée dans la répression des infractions économiques et financières, Francis Kova Zoumanigui a présenté les grandes lignes de son bilan, évoqué les défis rencontrés et invité ses anciens collaborateurs à accompagner la nouvelle équipe dirigeante.
Dans son discours d’adieu, le président sortant a insisté sur la nécessité de préserver les exigences de compétence, de rigueur et d’intégrité dans le fonctionnement de la CRIEF. Il a également rappelé que la crédibilité d’une juridiction repose sur la solidité juridique de ses décisions et le respect des garanties procédurales.

« Monsieur le Président entrant, je vous encourage à maintenir une culture de travail fondée sur la compétence, la rigueur, la responsabilité, l’intégrité, comme je vous la reconnais d’ailleurs, et le respect des droits des justiciables. La crédibilité d’une juridiction dépend de la qualité et de la solidité juridique de ses décisions, autant que du respect des garanties procédurales et de sa capacité à contribuer à la manifestation de la vérité », a-t-il déclaré.
S’adressant aux magistrats, greffiers et autres agents de la Cour, Francis Kova Zoumanigui les a invités à maintenir leur engagement au service de l’institution.
« La CRIEF est notre bien commun. Elle doit demeurer plus grande que nos personnes, plus durable que nos fonctions et plus importante que nos ambitions individuelles », a-t-il souligné.
Prenant officiellement les rênes de la Cour, Mamadou Saliou Diakité a exprimé sa reconnaissance au président de la République, Mamadi Doumbouya, au garde des Sceaux ainsi qu’aux membres du Conseil supérieur de la magistrature pour la confiance placée en lui.
L’ancien président du tribunal de première instance de Kankan a également salué le travail accompli par Francis Kova Zoumanigui et les précédents responsables de la CRIEF, notamment Noël Konomou.

« Cher aîné Francis Kova Zoumanigui, permettez-moi de vous nommer et de saluer solennellement vos gigantesques efforts à la tête de cette institution. Je m’assigne le devoir de vous rendre un hommage mérité pour le travail remarquable que vous avez accompli ici et tout au long de votre brillante carrière de magistrat », a-t-il affirmé.
Le nouveau président a assuré vouloir préserver et renforcer l’héritage de ses prédécesseurs.
« Je tiens à vous rassurer, au même titre que le peuple de Guinée, au nom duquel nous rendons justice, que je me déploierai pour préserver et fructifier cet héritage avant de passer la main un jour à mon successeur », a-t-il ajouté.
La lutte contre la corruption au cœur des priorités
Dans son intervention, Mamadou Saliou Diakité a rappelé le rôle de la CRIEF dans la lutte contre la corruption et les infractions assimilées. Pour lui, la protection des ressources publiques demeure une condition essentielle à la réalisation des ambitions de développement de la Guinée.
Illustrant les conséquences de la corruption sur les finances publiques, il a comparé le budget de l’État à un récipient troué qu’il serait impossible de remplir durablement.
« Face à la corruption, le budget qui est, selon les spécialistes des finances publiques, l’expression chiffrée de la politique d’un État ressemblerait à un tamis fortement troué qu’on ambitionne de remplir d’eau », a-t-il expliqué.
À travers cette comparaison, le nouveau président a mis en avant les difficultés qu’engendre la corruption dans la mobilisation et l’utilisation efficace des ressources publiques.

Pour son mandat, Mamadou Saliou Diakité entend inscrire son action dans la continuité des acquis, tout en répondant aux attentes des citoyens en matière de justice.
Il a notamment promis de veiller à ce que les procédures devant la CRIEF se déroulent dans la transparence, l’équité et le respect du délai raisonnable.
« Nous entendons particulièrement garantir aux justiciables de cette institution une justice moderne, transparente, équitable et rendue dans le strict respect du délai raisonnable », a-t-il déclaré.
Le nouveau président a également assuré que la lutte contre les crimes économiques et financiers serait menée dans le respect des principes fondamentaux du procès pénal.
Conscient que cette mission nécessite une mobilisation collective, il a tendu la main aux magistrats du siège et du parquet, aux greffiers, au personnel d’appui, aux auxiliaires de justice ainsi qu’aux partenaires nationaux et internationaux. Il a, par ailleurs, appelé les autorités à soutenir le renforcement des capacités humaines et techniques de la Cour.

Avec cette passation de service, Mamadou Saliou Diakité ouvre une nouvelle étape à la tête de la CRIEF. Les attentes portent désormais sur la consolidation de l’institution, la lutte contre les infractions économiques et financières et le renforcement de la confiance des citoyens dans la justice.


Foromo Lamah, pour Guineesource.com