Kamsar érigée en préfecture : Alpha Oumar Sagna dévoile sa vision pour une ville moderne et équilibrée

L’érection de Kamsar en préfecture, consacrée par un décret lu à la Télévision nationale, constitue un tournant historique pour les populations de cette localité.

Cette décision suscite naturellement joie et enthousiasme. Elle fait surtout naître de nouvelles attentes et rappelle les nombreux défis qui accompagnent désormais ce changement de statut administratif.

Pour les populations de Kamsar, il s’agit d’abord de la concrétisation d’une aspiration ancienne. Pendant plusieurs années, des filles et fils de la localité, ainsi que leurs devanciers, ont porté cette revendication auprès des autorités compétentes. Aujourd’hui, cette aspiration est devenue une réalité.

Cette décision traduit également, selon l’auteur, la volonté du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, de répondre aux préoccupations des populations de Kamsar.

Mais au-delà des célébrations, une nouvelle responsabilité s’impose.

Une nouvelle étape, de nouvelles responsabilités

Les orchestres, les tambours, les trompettes, les chants et les manifestations folkloriques ont naturellement leur place dans l’histoire de cette nouvelle préfecture. Mais l’essentiel commence désormais : il faut travailler, planifier et construire.

Kamsar doit se doter d’une véritable vision stratégique de développement, capable d’accompagner son urbanisation, sa croissance démographique et son importance économique.

Cette responsabilité concerne l’ensemble des forces vives : autorités administratives et communales, populations, sociétés minières, acteurs économiques, organisations de la société civile et ressortissants de Kamsar.

Les attentes seront désormais plus fortes. Les populations voudront des résultats concrets dans les domaines des infrastructures, de l’urbanisation, de la santé, de l’éducation, de la sécurité, de la mobilité, de l’assainissement et des services publics.

Un rêve devenu réalité

L’érection de Kamsar en préfecture constitue, pour beaucoup de ses habitants, un rêve devenu réalité.

Cette évolution administrative est aussi une reconnaissance des efforts consentis au fil des années par toutes celles et tous ceux qui ont porté cette ambition, parfois dans l’anonymat.

Une nouvelle page de l’histoire de Kamsar s’ouvre donc. Le véritable défi consiste maintenant à transformer cette opportunité en levier de développement pour les générations présentes et futures.

Le futur découpage administratif devra notamment préciser les sous-préfectures qui seront rattachées à Kamsar ainsi que les quartiers et districts susceptibles d’évoluer à leur tour. Cette perspective nécessite une réflexion territoriale cohérente et prospective.

Repenser l’organisation administrative

Kamsar dispose déjà de plusieurs services publics. Mais son nouveau statut impose de repenser l’organisation administrative et territoriale afin de répondre aux exigences d’une préfecture appelée à connaître une croissance importante.

Le futur préfet, le maire de la commune urbaine et les différents services déconcentrés de l’État devront travailler en synergie pour donner à Kamsar l’image d’une préfecture moderne, organisée et tournée vers l’avenir.

Dans cette perspective, plusieurs propositions peuvent être soumises au débat public.

1. Élargir la route nationale

Une réflexion devrait être engagée autour de l’élargissement de la route nationale qui traverse Kamsar, avec pour perspective sa transformation progressive en une voie 2×2 voies jusqu’à Boké.

Une telle infrastructure contribuerait à améliorer la circulation, renforcer la sécurité routière et accompagner la croissance démographique et économique de la zone.

2. Accélérer le bitumage de la route derrière les rails

Les démarches devraient également être intensifiées pour accélérer le bitumage de la route située derrière les rails.

Cette voie pourrait jouer un rôle important dans la décongestion de certains axes et l’amélioration de la mobilité à l’intérieur de la nouvelle préfecture.

3. Mettre en place un programme spécial de voirie urbaine

Les futures autorités pourraient engager des démarches auprès de la Présidence de la République et des départements compétents afin d’obtenir un programme spécial d’au moins 15 kilomètres de voirie goudronnée.

Ces infrastructures devraient être réparties de manière équitable entre les différents quartiers de la commune urbaine, en tenant compte des besoins réels des populations.

4. Construire des ouvrages de franchissement au-dessus des rails

La question de la traversée des voies ferrées mérite également une attention particulière.

Les autorités préfectorales, en collaboration avec les sociétés minières présentes à Kamsar, pourraient étudier la construction de passerelles ou d’ouvrages adaptés permettant aux véhicules et autres engins de franchir les voies ferrées en toute sécurité.

L’objectif serait de concilier la sécurité des populations avec la fluidité du trafic ferroviaire et des activités minières.

Repenser les infrastructures administratives

Le nouveau statut de Kamsar pose également la question des infrastructures administratives.

Les bâtiments actuels de l’ancienne sous-préfecture et de la mairie ne semblent plus nécessairement adaptés aux ambitions d’une préfecture appelée à se développer rapidement.

5. Réaffecter certains bâtiments administratifs existants

Une réflexion pourrait être menée sur la réaffectation progressive de certains bâtiments existants.

Le bloc administratif abritant actuellement la sous-préfecture pourrait, à terme et sous réserve des décisions des autorités compétentes, accueillir un autre service déconcentré de l’État, notamment la Direction préfectorale de l’Éducation.

De même, le bâtiment actuel de la mairie pourrait éventuellement être affecté à la Direction préfectorale de la Santé.

L’objectif serait de permettre aux futurs services préfectoraux de disposer d’infrastructures adaptées à leurs missions et d’améliorer à la fois les conditions de travail des agents et l’accueil des citoyens.

6. Créer un véritable pôle administratif le long de la route nationale

Les futurs bâtiments de la préfecture, des services déconcentrés de l’État et certaines infrastructures communales pourraient être implantés selon un schéma directeur cohérent le long de la route nationale.

Cette réflexion pourrait concerner l’axe allant de Kayenguissa à Madina Borboff, en passant par Kastrie, Kamakouloun et Toumbéta, jusqu’à la limite entre Kamsar et Kolaboui.

Une telle approche permettrait d’éviter une concentration excessive des services publics dans une seule partie de la ville et favoriserait une urbanisation plus équilibrée.

7. Créer un pôle judiciaire, sécuritaire et sanitaire

Un autre axe de réflexion pourrait consister à créer un pôle regroupant certains grands équipements publics.

Le Tribunal de première instance, l’hôpital préfectoral, la gendarmerie, les services de police et une éventuelle cité des fonctionnaires pourraient être envisagés à proximité du Camp militaire de Toumbéta.

Une telle organisation permettrait de mieux structurer le territoire et pourrait contribuer à l’émergence de nouveaux pôles urbains.

8. Éviter une concentration excessive autour de la cité minière

La nouvelle préfecture doit être pensée comme un territoire global.

Les autorités administratives et communales gagneraient donc à éviter une concentration excessive des infrastructures autour de la cité minière et à favoriser une répartition plus équilibrée des équipements.

L’exemple de Boké montre qu’une administration moderne n’a pas nécessairement besoin de concentrer tous ses services au même endroit. Le bloc administratif, la mairie, le gouvernorat, le camp, la DPE, l’IRE, la gare routière, le grand marché, la cité administrative et la préfecture sont implantés dans différents espaces de la ville.

Cette organisation territoriale peut inspirer une réflexion similaire pour Kamsar.

Pour une administration plus proche des citoyens

Une redistribution rationnelle des services publics le long de la route nationale pourrait contribuer à rapprocher davantage l’administration des administrés.

Elle permettrait également de favoriser un développement territorial plus équilibré et un accès plus équitable aux services publics.

Kamsar doit désormais penser son développement sur plusieurs décennies.

Il ne s’agit plus simplement de construire quelques bâtiments administratifs. Il faut concevoir une véritable ville-préfecture, dotée d’un plan d’urbanisme cohérent, d’infrastructures modernes et d’un environnement favorable à l’épanouissement de ses populations.

Un hommage à celles et ceux qui ont porté cette aspiration

Je tiens à exprimer mon admiration au Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour cette décision historique et pour l’attention accordée aux aspirations des populations de Kamsar.

J’adresse également ma profonde reconnaissance à nos devanciers ainsi qu’à toutes les filles et tous les fils de Kamsar, connus ou anonymes, qui ont œuvré au fil des années pour que cette aspiration devienne une réalité.

Désormais, la responsabilité est collective.

L’érection de Kamsar en préfecture ne doit pas être perçue comme un aboutissement, mais comme le commencement d’une nouvelle étape de son histoire.

Je formule mes vœux de réussite aux futures autorités administratives et communales qui auront la lourde responsabilité de conduire cette nouvelle préfecture dans un contexte où les attentes des populations sont particulièrement fortes.

Que cette nouvelle étape soit placée sous le signe de l’unité, de la paix, de la justice, du développement et de l’équité.

Que la paix de Dieu accompagne Kamsar et qu’Il guide les pas de ses filles et de ses fils dans la construction d’un Kamsar nouveau, moderne, prospère et harmonieux.

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