Labé : des chauffeurs dénoncent les tracasseries routières sur les axes vers le Sénégal et la Gambie

À Labé, plusieurs chauffeurs de transport en commun dénoncent les difficultés qu’ils disent rencontrer sur les corridors reliant la Guinée au Sénégal et à la Gambie. Ils pointent notamment du doigt la multiplication des contrôles routiers et des sommes d’argent qu’ils affirment être contraints de payer à différents postes.

Réunis samedi dernier à la gare routière de Daka 2, les chauffeurs ont exprimé leur mécontentement face à ce qu’ils qualifient de « tracasseries routières ». Après leur rassemblement, ils se sont rendus au bureau du syndicat afin de soumettre leurs préoccupations et solliciter son intervention auprès des autorités compétentes.

Parmi les chauffeurs présents, Mamadou Gouraïssiyou Diallo affirme que les montants réclamés aux véhicules de transport en commun peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers de francs guinéens au cours d’un même trajet.

<<Là où les autres paient 5 000 GNF, nous, par exemple, nous payons 20 000 GNF », dénonce-t-il.

Selon lui, la situation serait particulièrement difficile sur le trajet reliant la frontière guinéenne à Labé. Il affirme qu’un véhicule de transport en commun peut dépenser entre 500 000 et 600 000 GNF au niveau des différents postes de contrôle.

« Les autorités ne sont pas là pour que nous souffrions, elles sont là pour aider la population. Alors, nous leur demandons de nous venir en aide parce que nous souffrons sur la route », ajoute-t-il.

Des difficultés également signalées au Sénégal et en Gambie

Maître Amadou Baillo affirme, pour sa part, que les difficultés ne se limitent pas au territoire guinéen. Il évoque également des problèmes auxquels les transporteurs seraient confrontés sur les axes traversant le Sénégal en direction de la Gambie.

Il cite notamment les questions liées aux documents de voyage des passagers, aux contrôles des bagages ainsi qu’à certaines procédures administratives.

« Pour un enfant qui n’a pas d’autorisation, les agents vous font payer 100 000 GNF. Si vous quittez le Sénégal pour la Guinée, même si l’enfant a une autorisation parentale, ceux de la Guinée vont vous faire payer de l’argent en disant que c’est un document étranger », affirme-t-il.

Le chauffeur dénonce également ce qu’il présente comme des paiements réclamés lors de contrôles liés aux produits transportés.

« Les agents appelés antidrogue, même si vous détenez une plaquette de paracétamol, vont vous faire payer entre 200 000 et 500 000 GNF », soutient-il.

Il appelle les organisations syndicales et les autorités à se saisir de la situation afin de trouver une solution.

Les syndicats interpellés

Maître Sadio Fogo dénonce lui aussi les sommes qu’il affirme devoir payer aux différents postes de contrôle.

« Les gendarmes, les policiers, les douaniers et les autres agents nous fatiguent sur la route. Nous demandons au syndicat de Labé d’informer les syndicats de Koundara et, à leur tour, d’informer les autres syndicats de nos préoccupations », indique-t-il.

Selon lui, les frais cumulés peuvent considérablement alourdir le coût des déplacements entre la Guinée et le Sénégal.

« Sur l’axe Labé-Conakry, ils paient 5 000 GNF. Pourquoi, sur l’axe Labé-Sénégal, nous payons 20 000 GNF ? Arrivé à Boundou Fourdou, on vous demande de payer jusqu’à 500 000 GNF », déplore-t-il.

Le chauffeur affirme également que certains passagers seraient confrontés à des difficultés concernant leurs pièces d’identité et autres documents.

« Avant, c’était seulement la police qui réclamait les cartes d’identité. Maintenant, même les gendarmes les réclament et, lorsque le passager n’en a pas, on lui fait payer de l’argent », affirme-t-il.

Les chauffeurs demandent une clarification des frais

À travers cette mobilisation, les chauffeurs demandent aux autorités administratives et aux organisations syndicales d’examiner leurs plaintes et de clarifier les frais officiellement applicables au niveau des différents postes de contrôle.

Ils souhaitent notamment une meilleure visibilité sur les procédures et les éventuels frais exigibles, afin de réduire les difficultés auxquelles ils disent être confrontés sur les corridors reliant Labé au Sénégal et à la Gambie.

Les accusations formulées par les chauffeurs n’ont pas, à ce stade, été corroborées par les services mis en cause. Une clarification des autorités compétentes permettrait de distinguer les frais officiellement prévus des sommes éventuellement réclamées de manière irrégulière.

Depuis Labé, Thierno Sadou Barry, pour Guineesource.com.

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