
Labé est au cœur d’une affaire présumée de corruption impliquant le sous-préfet de Tountouroun, le lieutenant-colonel N’Faly Traoré. Accusé par le chef secteur de Fallo d’avoir exigé jusqu’à 5 millions de francs guinéens, avant de se contenter de 2 millions GNF, pour autoriser l’aménagement d’un forage d’eau potable, le responsable administratif rejette catégoriquement ces accusations. Selon le plaignant, les autorités préfectorales seraient intervenues et auraient obtenu la restitution de la somme. Les faits relancent le débat sur la gouvernance locale et la lutte contre la corruption en Guinée.
Les faits se seraient produits mardi dernier dans le secteur de Fallo, relevant du district de Tounny. Les habitants étaient mobilisés pour aménager un forage offert par un bienfaiteur afin de soulager une population confrontée depuis plusieurs années à un manque criant d’eau potable.
Selon le chef secteur, Mamadou Dian Diallo, le sous-préfet s’est présenté sur le chantier et a ordonné l’arrêt immédiat des travaux. Il aurait justifié cette décision par une prétendue interdiction des travaux d’aménagement de forages, avant d’exiger cinq millions de francs guinéens pour autoriser leur reprise. Face à son incapacité à réunir cette somme, les discussions auraient finalement abouti à un montant de deux millions de francs guinéens.
« Le week-end dernier, nous étions sur le point d’aménager ce forage quand le sous-préfet est arrivé pour nous demander de suspendre les travaux. Il m’a d’abord demandé cinq millions de francs guinéens. Comme je lui ai expliqué que je ne pouvais pas payer cette somme, nous avons finalement convenu de deux millions que j’ai envoyés par dépôt. Après cela, il a autorisé la reprise des travaux », soutient Mamadou Dian Diallo.
Joint par téléphone par GuineeSource.com, le sous-préfet de Tountouroun rejette catégoriquement ces accusations. N’Faly Traoré affirme n’avoir perçu aucune somme d’argent et assure avoir uniquement agi dans le cadre de sa mission de contrôle administratif.
« Lorsqu’une activité est interdite par les autorités, il est de notre responsabilité de veiller au respect de cette décision. C’est dans ce cadre que j’ai demandé l’arrêt des travaux », a-t-il déclaré, sans répondre directement aux allégations de demande d’argent.
Selon le chef secteur de Fallo, après avoir été saisi du dossier, le préfet de Labé, avec l’appui des autorités administratives, aurait ordonné la restitution des deux millions de francs guinéens.
« Le général des collectivités a appelé le sous-préfet pour lui demander de nous rendre notre argent. Aujourd’hui, il m’a informé que je pouvais venir récupérer les deux millions. Au moment où je vous parle, je suis en possession de mon argent », affirme-t-il.
Cette affaire, qui suscite de vives réactions dans la préfecture de Labé, relance le débat sur la gouvernance locale, la transparence dans la gestion des affaires publiques et la lutte contre la corruption. Si le chef secteur maintient ses accusations, le sous-préfet les réfute fermement. Il appartient désormais aux autorités compétentes de poursuivre les investigations afin d’établir les responsabilités et de faire toute la lumière sur cette affaire.
Depuis Labé, Thierno Sadou pour Guineesource.com.