Destruction de fétiches en région forestière : le pasteur Elisée défend sa mission, les traditionalistes dénoncent une provocation

Depuis près de deux semaines, une vive controverse anime les réseaux sociaux, notamment Facebook et TikTok, autour des pratiques du pasteur Elisée, plus connu sous le nom de « Prophète Elisée Beni ». Au cœur du débat : la destruction publique de fétiches que des fidèles lui remettent volontairement après leur conversion au christianisme.

Les vidéos montrant ces scènes, souvent accompagnées de commentaires du pasteur tels que : « les idoles n’ont aucune puissance », suscitent des réactions contrastées. Pour ses partisans, il s’agit d’un acte de foi destiné à rompre avec des pratiques qu’ils considèrent comme incompatibles avec leur nouvelle croyance. Pour d’autres, en particulier des défenseurs des traditions ancestrales de la région forestière, ces destructions publiques sont perçues comme une provocation et un manque de respect envers un patrimoine spirituel profondément enraciné.

Face aux critiques, le pasteur Elisée affirme qu’il n’entre jamais dans une famille pour saisir des objets sacrés sans le consentement de leurs propriétaires. Selon lui, ce sont les détenteurs eux-mêmes qui sollicitent son intervention après avoir estimé que ces fétiches leur apportent davantage de souffrances que de protection. Il explique agir uniquement dans le cadre de sa mission religieuse, en invitant ces personnes à placer leur confiance en Yeshoua (Jésus-Christ).

Ces explications ne convainquent cependant pas une partie des traditionalistes. Certains estiment que, même dans une démarche de conversion, l’exposition médiatique de ces destructions constitue une humiliation de leurs croyances. D’autres rappellent que les grandes figures religieuses, y compris Jésus-Christ selon leur interprétation, n’ont jamais cherché à ridiculiser publiquement les pratiques des autres communautés religieuses.

Sur les réseaux sociaux, les critiques prennent parfois une tournure plus accusatrice. Des internautes vont jusqu’à formuler des allégations, sans apporter de preuves, selon lesquelles les fétiches détruits proviendraient d’autres pays ou que ces mises en scène serviraient à renforcer l’influence spirituelle du pasteur. D’autres qualifient le mouvement du « Prophète Elisée Beni » de secte, une affirmation qui n’est étayée par aucune décision officielle ni par des éléments vérifiés à ce stade. D’autres encore invoquent des passages bibliques évoquant l’apparition de « faux prophètes » pour remettre en cause son ministère.

De son côté, le pasteur affirme ne pas vouloir alimenter la polémique. Il soutient que sa seule mission consiste à annoncer l’Évangile et à accompagner les personnes qui souhaitent abandonner leurs anciennes pratiques religieuses. À ses yeux, ces destructions symbolisent une nouvelle étape dans leur vie spirituelle.

Pendant ce temps, le débat continue de diviser l’opinion. Des menaces visant certains fidèles du pasteur auraient également circulé sur les réseaux sociaux, tandis que plusieurs responsables religieux chrétiens lui apportent publiquement leur soutien. À l’inverse, de nombreux défenseurs des traditions ancestrales dénoncent ce qu’ils considèrent comme une atteinte à leur identité culturelle et spirituelle.

À ce stade, aucune réaction officielle des autorités compétentes ni des principales instances religieuses du pays n’est venue clarifier les limites juridiques ou les implications de ces pratiques. Cette affaire relance ainsi le débat sur la coexistence entre liberté de culte, respect des croyances traditionnelles et préservation de la paix sociale dans une région où les héritages spirituels demeurent particulièrement sensibles.

Par Foromo Lamah | Guineesource.com

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