
Après plusieurs années d’interruption, les audiences criminelles reprennent au Tribunal de première instance de N’Zérékoré. Ce jeudi, magistrats, autorités administratives, responsables des forces de défense et de sécurité, acteurs de la société civile et professionnels de la santé se sont retrouvés pour l’ouverture officielle d’une nouvelle session criminelle, au cours de laquelle 24 dossiers portant sur des infractions majeures seront examinés.
Cette reprise est particulièrement attendue dans une région où plusieurs affaires criminelles étaient en attente de jugement. Au-delà des procès, elle marque le retour d’un rendez-vous judiciaire essentiel pour les victimes, les familles et l’ensemble de la population.
En présidant la cérémonie d’ouverture, le Président du Tribunal de Première Instance de N’Zérékoré, Ismaël Nabé, a indiqué que cette session portera notamment sur des affaires d’assassinat, de meurtre, de viol et de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

« Les différents dossiers seront examinés dans le strict respect des principes fondamentaux de la procédure pénale, notamment la présomption d’innocence, le respect des droits de la défense, le principe du contradictoire ainsi que l’impartialité et l’indépendance du juge », a assuré le magistrat.
Il a insisté sur la responsabilité qui incombe à la juridiction.
« Notre mission n’est ni de condamner un innocent ni d’absoudre un coupable, mais de dire le droit en conscience, au nom du peuple de Guinée. Les décisions qui seront rendues doivent être comprises comme une réponse judiciaire, mais aussi comme un message fort en faveur de l’État de droit », a-t-il déclaré.
À l’issue de la cérémonie, le président du Conseil régional des organisations de la société civile de N’Zérékoré, Adrien Chérif, s’est félicité de la reprise des audiences criminelles, qu’il juge attendue depuis plusieurs années.
« Cela faisait au moins deux à trois ans que les audiences criminelles ne se tenaient plus ici. Leur reprise est une excellente nouvelle pour les populations qui attendent que justice soit rendue dans plusieurs dossiers ayant endeuillé notre région », a-t-il souligné.
Le responsable de la société civile s’est particulièrement inquiété de la place importante occupée par les violences sexuelles dans cette session.

« Parmi les 24 dossiers inscrits au rôle, neuf concernent des affaires de viol. C’est extrêmement préoccupant. Nous enregistrons malheureusement des cas impliquant des mineurs, voire des bébés. Nous espérons que ces dossiers recevront toute l’attention qu’ils méritent afin que les victimes obtiennent justice », a plaidé Adrien Chérif.

Au-delà des verdicts attendus, cette nouvelle session criminelle est perçue comme un test pour la justice à N’Zérékoré. Pendant plusieurs jours, le tribunal devra apporter des réponses à des affaires particulièrement sensibles, dans un contexte où les attentes des victimes et de l’opinion publique demeurent fortes.
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