Environnement : la CRIEF ouvre une vaste enquête sur des atteintes graves aux mangroves et à la santé publique

Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a annoncé, ce jeudi 02 juillet 2026, l’ouverture d’une enquête préliminaire portant sur des faits présumés d’atteinte grave et massive à l’environnement et à la santé publique.

Selon un communiqué officiel, cette procédure fait suite à plusieurs dénonciations reçues le 1er juillet 2026, mettant en cause la destruction des mangroves, des bras de mer et des domaines maritimes de l’État, ainsi que des plaines cultivables. Le parquet évoque également des déversements de produits toxiques qui auraient été facilités par la complicité présumée de certains cadres de l’administration chargés de l’environnement, de l’urbanisme et de l’habitat.

Les investigations concernent plusieurs localités du Grand Conakry et de ses environs, notamment Yimbaya, Faban, Matoto Centre, Sangoyah, Kissosso, Entag, Tombolia N’Tapan, Dabompa, Lansanayah, Kountia, Kobayah, Sonfonia, Kagbélén, Dubréka, Coyah, Forécariah, Boké et Boffa.

Le parquet estime que ces faits pourraient relever de plusieurs infractions économiques et financières, notamment la corruption, la concussion, l’enrichissement illicite, le faux et usage de faux, le blanchiment de capitaux, la prise illégale d’intérêts, ainsi que des violations du Code de l’environnement, du Code de la construction et de l’habitation et de la réglementation sur les lotissements.

Dans le cadre de cette enquête, la CRIEF a instruit les services de police judiciaire, notamment l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) et la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), de procéder à l’interpellation et à l’audition de plusieurs catégories de personnes. Sont notamment visés les responsables communaux de l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire, les autorités ayant délivré des permis de construire en violation des procédures environnementales, les responsables présumés de nuisances environnementales, les promoteurs d’installations industrielles ou minières non conformes, ainsi que les occupants des mangroves et domaines maritimes de l’État.

Le parquet spécial a également sollicité l’appui du procureur général près la Cour d’appel de Conakry, des procureurs des tribunaux de Mafanco et de Dixinn, de la gendarmerie, de la police nationale, des conservateurs de la nature, des administrateurs territoriaux et des directions nationales de l’Urbanisme et de l’Environnement.

Une mission d’enquête de terrain sera déployée dans les zones concernées afin de constater les faits, d’évaluer l’ampleur des dommages environnementaux et de déterminer les responsabilités.

Le parquet spécial invite enfin les citoyens à se référer exclusivement à ses canaux officiels pour toute information relative à cette procédure, afin d’éviter la diffusion d’informations inexactes ou incomplètes.

Guineesource.com

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