
À moins de trois mois des élections couplées législatives et communales prévues le 24 mai 2026 en Guinée, plusieurs prétendants indépendants disent faire face à d’importantes difficultés, notamment liées aux conditions de parrainage exigées par la loi électorale. Une situation que le juriste Kalil Camara estime juridiquement problématique.
Dans une analyse rendue publique ce dimanche 08 mars 2026, le juriste rappelle que la Constitution guinéenne consacre la possibilité de se présenter comme candidat indépendant aux élections législatives, sous réserve du respect de certaines conditions prévues par la loi.
Selon lui, le Code électoral, notamment en son article 248, précise que toute candidature indépendante à l’élection des députés doit être parrainée par au moins 5 % des conseillers régionaux et communaux de la circonscription électorale concernée.
« La candidature indépendante à l’élection des députés, aussi bien au scrutin uninominal que plurinominal, est donc clairement ouverte par la Constitution », souligne-t-il.
Cependant, Kalil Camara relève une incohérence majeure dans le calendrier électoral. Les conseillers régionaux et communaux censés parrainer ces candidatures ne sont pas encore élus, alors même que les élections législatives sont prévues en même temps que les communales.
« Les conseillers devant parrainer ces candidatures n’existent pas encore. Dans ces conditions, les prétendants indépendants n’auront pratiquement aucune chance de se présenter », explique le juriste.
Pour lui, le couplage des élections législatives et communales, sans autorisation législative préalable, rend de facto impossible la participation des candidats indépendants aux législatives.
« En procédant à ce couplage, l’administration publique a rendu impossible la candidature indépendante à l’élection des députés. Cela constitue une méconnaissance d’un droit consacré par la Constitution et une violation de la loi électorale », estime-t-il.
Kalil Camara évoque également une éventuelle contestation devant la justice administrative. Il rappelle que, conformément à l’article 120 de la loi sur la Cour suprême, la violation de la loi constitue un motif d’ouverture pour « excès de pouvoir.«
À titre de comparaison, il cite l’arrêt « Nicolo » du 20 octobre 1989, rendu par le Conseil d’État français, dans lequel un requérant avait demandé l’annulation des élections des représentants français au Parlement européen au motif que certains citoyens avaient voté alors que la loi ne les y autorisait pas. Même si cette action n’avait pas abouti, le juriste souligne qu’elle illustre les possibilités de recours juridiques face à une situation jugée contraire à la loi.
Dans un contexte où la préparation des élections du 24 mai 2026 s’accélère, la question de la participation des candidats indépendants pourrait ainsi devenir l’un des débats juridiques et politiques majeurs du processus électoral.
Foromo Lamah pour Guineesource.com
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