Étudier le jour, apprendre un métier le soir : le pari des élèves de N’Zérékoré

À N’Zérékoré, dans la région forestière, de nombreux élèves profitent des heures après les classes pour apprendre un métier. Mécanique, peinture, couture ou encore coiffure : ces activités extrascolaires constituent pour eux une alternative et un complément aux études, dans un contexte marqué par le chômage et le manque d’opportunités professionnelles.

Rencontrés plusieurs élèves ont expliqué l’importance qu’ils accordent à l’apprentissage d’un métier parallèlement à l’école.

Élève à N’Zérékoré, Sia Fanta Tolno a choisi d’apprendre la couture. Un choix motivé, selon elle, par le manque de soutien suffisant pour poursuivre sereinement ses études jusqu’au bout.
« J’ai compris que je n’ai pas vraiment de soutien pour aller loin dans les études. Alors je me suis dit qu’il fallait apprendre un métier. Aujourd’hui, quand tu n’as rien dans la main, personne ne te respecte. Même dans le foyer, si tu as un métier, tu es libre. C’est pourquoi j’affirme que le vrai mari de la femme aujourd’hui, c’est son travail », explique-t-elle.

La jeune fille appelle les autres jeunes filles à une prise de conscience, estimant que l’autonomie passe par le travail et le talent.
« Les jeunes filles doivent comprendre que la femme, c’est le respect, l’amour et l’honnêteté. Mais le vrai mari de la femme aujourd’hui, c’est son travail ou son talent », affirme-t-elle.

Elle s’est également adressée aux parents, les invitant à accompagner leurs enfants, aussi bien à l’école que dans l’apprentissage des métiers.

« Je demande aux parents de soutenir leurs enfants dans les études et de les laisser apprendre un métier s’ils le souhaitent. Ils doivent aussi surveiller leur évolution à l’école et sur les lieux d’apprentissage », conseille Sia Fanta Tolno.

De son côté, Pascal Zotomy, lycéen, s’est orienté vers la mécanique pour préparer son avenir.
« J’ai vu que dans notre pays, ce n’est pas facile. J’ai décidé d’apprendre un métier pour assurer mon avenir et celui de mes enfants », confie-t-il.

Afin de concilier études et travail, Pascal s’est fixé un programme strict.

« Du lundi au jeudi, je suis concentré sur l’école. Le vendredi et le samedi, je viens au garage. Pendant les vacances, je travaille tous les jours », explique-t-il, ajoutant que les revenus qu’il gagne lui permettent d’aider ses parents.

Il exhorte les autres élèves à faire preuve d’efforts et à apprendre un métier pour ne pas rester sans occupation après les études.

Élève en terminale sciences sociales, Fanta Yousouf Sacko a choisi la coiffure, estimant que beaucoup de jeunes diplômés se retrouvent sans emploi.

« Pendant que nous sommes encore sur les bancs, il est important de faire quelque chose pour préparer un avenir meilleur. L’école est importante, mais apprendre un métier l’est aussi », souligne-t-elle.

Pour elle, maîtriser un métier dès le jeune âge permet de mieux faire face aux responsabilités futures.

Quant à Moussa Traoré, il apprend la peinture après les cours. Une activité qui lui permet déjà de subvenir à certains de ses besoins.

« Avec ce que je gagne, je m’achète des habits, des chaussures et j’aide ma maman. Je sais qu’un jour, ce métier me servira », affirme-t-il.

Il encourage lui aussi ses camarades à apprendre un métier, estimant que « l’école peut tromper, mais le travail ne trompe jamais ».

À N’Zérékoré, ces témoignages illustrent une réalité de plus en plus répandue : face aux incertitudes du marché de l’emploi, de nombreux élèves choisissent de combiner études et apprentissage professionnel afin de mieux sécuriser leur avenir.

Rédaction

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