
À l’occasion du premier anniversaire de la tragédie du Stade de N’Zérékoré, survenue le 1er décembre 2024 et ayant coûté, selon la Diaspora Forestière, la vie à environ 300 personnes, principalement des adolescents, le Conseil Supérieur de la Diaspora Forestière (CSDF) a publié, ce lundi 1er décembre 2025, un communiqué dans lequel il s’incline devant la mémoire des victimes et dénonce « un silence institutionnel intenable ».
Selon le CSDF, les familles endeuillées continuent de vivre dans une profonde détresse psychologique, sociale et financière, faute d’un accompagnement officiel. « La plupart de ces familles se battent seules pour survivre », regrette l’organisation, qui déplore l’absence de prise en charge digne d’un drame d’une telle ampleur.
Le Conseil pointe également du doigt l’absence de transparence des autorités. Malgré l’annonce, en décembre 2024, de l’ouverture d’une enquête administrative, aucun rapport n’a été rendu public un an plus tard. Un silence qui, selon l’organisation, « nourrit les incompréhensions et renforce les suspicions ».
Depuis juin 2025, les familles des victimes et leurs avocats ont multiplié les démarches judiciaires, se constituant partie civile conformément au droit guinéen. Pourtant, le Parquet de N’Zérékoré n’a toujours pas ouvert l’action publique.
Le CSDF qualifie cette situation « d’anormalité juridique et morale », soulignant qu’elle constitue une atteinte au droit fondamental à la justice et à la confiance du peuple dans ses institutions.
Trois exigences majeures du CSDF
- Au nom du devoir de mémoire et des droits humains, le Conseil formule trois requêtes prioritaires :
- La publication immédiate du rapport d’enquête administrative sur la tragédie du 1er décembre 2024 ;
- L’ouverture officielle de l’action publique, afin d’identifier les responsabilités et d’engager les poursuites nécessaires ;
La mise en place d’un fonds spécial d’indemnisation pour les familles des victimes, ainsi que la reconnaissance officielle de cet événement comme une tragédie nationale nécessitant commémoration, transparence et justice.
Le CSDF réaffirme que la quête de justice pour les victimes reste un impératif moral et républicain. « Un pays ne peut se construire durablement lorsque des pages aussi sombres restent sans vérité, sans justice et sans reconnaissance », avertit son président, Édouard Haba.
L’organisation se dit par ailleurs prête à contribuer à toute initiative visant à établir les faits, apaiser les blessures et restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions.
Pour rappel, la tragédie avait éclaté lors de la finale d’un tournoi doté du trophée du président de la transition. Une décision contestée de l’arbitre avait provoqué des jets de pierres et un mouvement de foule. L’usage de gaz lacrymogènes à l’intérieur d’un stade entièrement rempli aurait aggravé la panique, entraînant un bilan humain catastrophique.
Dans les heures qui ont suivi le drame, une délégation gouvernementale s’était rendue sur les lieux pour évaluer les dégâts. Elle avait annoncé un bilan officiel de 56 décès, tandis que plusieurs ONG de défense des droits de l’homme évoquent 140 morts et de nombreuses personnes portées disparues.
Guineesource.com