
L’université de N’Zérékoré, unique institut public d’enseignement supérieur de la capitale forestière, est à l’arrêt total depuis ce lundi 3 novembre 2025. Cette paralysie fait suite à la grève illimitée déclenchée par le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNAESURS) sur toute l’étendue du territoire national.
Sur le campus, les cours sont suspendus, les salles de classe désertes et le portail principal fermé. Des enseignants mobilisés filtrent l’accès et invitent les étudiants à rentrer. Selon les responsables syndicaux rencontrés sur place, la grève est suivie à 100 %.
Parmi les syndicalistes présents, le camarade Pépé Monèmou, secrétaire général de la section syndicale Synergie de N’Zérékoré, justifie le mouvement.
« À l’université de N’Zérékoré, il n’y a pas de cours parce que nous avons déclenché la grève en raison de la non-application du décret signé par le président de la République, Mamadi Doumbouya. Ce décret n’est pas appliqué, c’est pourquoi nous avons jugé nécessaire de rentrer en grève. Tant que les points cités dans ce décret ne seront pas exécutés, nous ne reprendrons pas les cours. C’est pourquoi nous avons fermé le portail. Nous avons demandé à tous les enseignants de rester à la maison. Lorsque la grève prendra fin, nous reviendrons en classe », a-t-il déclaré.
Poursuivant, le syndicaliste est revenu sur les revendications des enseignants du supérieur.
« Parmi les points du décret, il y a d’abord la prime d’incitation qui devrait être fixée à 600 000 GNF. Mais elle a été ramenée à 450 000 GNF. Nous pointons du doigt le ministère de la Fonction publique, qui nous a traités comme ceux de Conakry. Il y a aussi les publications qui ne sont pas payées. D’autres primes figurent également dans le décret mais ne sont pas appliquées. De plus, certains enseignants ont vu leur salaire diminuer, ce que nous n’acceptons pas. C’est pourquoi nous avons décidé de fermer les portes des universités et d’exiger d’être rétablis dans nos droits. Si cela n’est pas fait, nous ne reprendrons pas la craie. »
Il a par ailleurs exhorté tous les enseignants à maintenir la mobilisation :
« Le syndicat existe pour défendre le travail et le travailleur. Les enseignants doivent rester à la maison. Quand nous finirons de négocier avec les autorités et qu’une satisfaction sera obtenue, nous suspendrons la grève et les enseignants reprendront leurs activités. »
Pour l’heure, aucun responsable administratif de l’université n’a accepté de réagir à la situation.
À suivre…
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