
Lors du Gala des 100 personnalités qui font bouger la Guinée, le président de la délégation spéciale de Matam, Badara Koné, a transformé son discours de remerciement en un appel passionné à la candidature du Général Mamadi Doumbouya. Une sortie musclée ponctuée de menaces de mobilisation dans les quartiers populaires de Conakry.
Badara Koné, président de la délégation de Matam, visiblement ému de figurer parmi les 100 personnalités influentes, a commencé par souligner la signification de cette distinction, rappelant qu’il s’agit d’une reconnaissance pour ceux qui « font bouger la Guinée. »

Il a ensuite défendu avec conviction l’action du Général Mamadi Doumbouya, affirmant que son arrivée au pouvoir le 5 septembre 2021 a permis de « mettre au-devant la compétence qui était cachée » et d’imposer un « renouvellement » nécessaire à la nation.
« Quand une génération arrive, il faut accepter le changement », a-t-il déclaré, justifiant l’intervention de l’armée suite aux tentatives manquées de la population civile de renverser le régime précédent.
Poursuivant son intervention, M. Koné a écarté le débat sur la légitimité du pouvoir militaire, plaidant pour un leader patriote, capable d’apporter le changement :

« On veut juste un Guinéen, un patriote, une personne qui répond à l’envie de tous les Guinéens, une personne qui peut changer ce pays. »
Pour étayer son propos, il a cité des figures historiques majeures ayant été des militaires avant de diriger leur pays, notamment Napoléon, George Washington, et Charles de Gaulle, concluant que le Général Doumbouya s’inscrit dans cette lignée de chefs militaires ayant initié des changements profonds. « C’est un fait, il faut l’accepter, » a-t-il insisté.
« Nous allons l’obliger à être candidat »
Le moment fort du discours fut sans conteste l’appel à la candidature du Général Doumbouya pour l’élection présidentielle future. Le président de la délégation spéciale de Matam se faisant le porte-parole d’une partie de la salle qu’il jugeait acquise à sa cause, a lancé un ultimatum public au chef de la junte :

« Je suis convaincu que la salle est remplie de ça, des personnes qui vont l’obliger à être candidat. Je promets ici que s’il ne se porte pas candidat d’ici lundi, lundi on va sortir Madina et Bonfi […] pour vous empêcher tous de descendre en ville pour travailler. »
Cette déclaration, accueillie par des applaudissements nourris et quelques rires dans l’assistance, marque une nouvelle escalade dans les appels en faveur de la candidature du chef de la junte.
La référence aux quartiers populaires de Madina et Bonfi (importants centres commerciaux de Conakry) est perçue comme une menace de blocage économique pour forcer la main au Général Doumbouya.
Rédaction de Guineesource.com