
Dans une préfecture où les violences basées sur le genre restent un défi majeur, plus de 45 élèves ont décidé de passer à l’action. Réunis à la Direction préfectorale de l’Éducation de Yomou, ils ont lancé un appel fort contre les mutilations génitales féminines, les mariages d’enfants et les grossesses précoces. Une mobilisation inédite qui place la jeunesse au cœur du combat pour la protection des filles et le respect de leurs droits.
L’activité a été conduite par la Direction préfectorale de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables (DPPE-PV), en collaboration avec la DPE de Yomou. L’objectif était de renforcer la lutte contre les VBG, notamment les mutilations génitales féminines (MGF) et les mariages d’enfants, à travers une mobilisation sociale et un plaidoyer auprès des autorités locales.
Selon les constats présentés lors de la rencontre, plusieurs jeunes filles, parfois âgées de moins de 16 ans, sont victimes de grossesses précoces, de violences verbales, physiques ou d’autres formes de VBG dans les établissements scolaires.
Face à cette situation, Dobo Béavogui, Directeur préfectoral de la Promotion féminine, a rappelé les statistiques alarmantes tirées de l’Enquête nationale de 2016 :

80,7 % des femmes et filles de 15 à 69 ans en Guinée ont subi au moins un acte de violence ; 29,3 % ont été victimes de violences sexuelles ; 11,8 % des femmes ont déclaré avoir subi un viol au moins une fois depuis l’âge de 15 ans ; Environ 223 091 femmes et filles seraient victimes de viol chaque année ; Près de 654 858 filles seraient mariées avant 18 ans ; La prévalence de l’excision reste très élevée, à 95 % chez les femmes de 15 à 49 ans.
« Il est important de noter que plus de 300 000 filles de moins de 15 ans sont encore victimes de mutilations génitales féminines chaque année, malgré l’existence de lois qui les protègent », a-t-il rappelé, soulignant le besoin urgent d’une action collective.
Intervenant à son tour, Pierre Koly Haba, chef de section pédagogique à la DPE de Yomou, a salué l’engagement des élèves et de leurs encadreurs :

« L’objectif de cette activité est de contribuer à l’abandon des violences faites aux femmes et aux filles. Nous réitérons notre engagement à accompagner les clubs scolaires dans leurs actions de prévention et de sensibilisation afin de bannir ces pratiques au sein des établissements. »
Il a également exhorté les élèves à renforcer la vigilance et la dénonciation des cas de violences et à adopter des comportements responsables pour réduire les grossesses en milieu scolaire.
Très impliquée dans la campagne, Agathe Nonamou, élève de 11ᵉ année au Lycée moderne de Yomou, a lancé un appel fort à ses camarades :

« Nous profitons des 16 jours d’activisme pour nous engager à dénoncer les violences dont nous sommes victimes dans nos écoles. Le premier mari de la femme, c’est son travail. Nous devons éviter les grossesses tant que nous sommes encore sur les bancs et que nous n’avons pas 18 ans. »
Cette activité, organisée dans un contexte où les violences basées sur le genre restent très répandues, marque une étape importante dans les efforts de prévention à Yomou. Les autorités éducatives et sociales ont réaffirmé leur volonté d’accompagner durablement les élèves en particulier les jeunes filles dans la protection de leurs droits et la promotion d’un environnement scolaire sûr et respectueux.
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